Politique économique / Dépense publique / impôt
Politique économique
Dépense publique / impôt
À quoi ont servi les impôts depuis 25 ans ?
A quoi ont servi les impôts et cotisations sociales depuis 25 ans ? La question est bien sûr au coeur des préoccupations des Français, dont le pays est l'un de ceux de l'OCDE où le taux de prélèvements obligatoires est le plus élevé (de 44%). Et savoir où vont tous ces versements est donc un élément fort instructif pour les citoyens de l'Hexagone. Les données publiées par l'INSEE il y a quelques jours sur la ventilation des dépenses publiques "par fonctions" pour l'année 2019 sont donc un premier élément de réponse à ces interrogations. Selon l'institut, en 2019, pour 1000 euros dépensés par les administrations publiques et financés par des impôts, les dépenses sociales ont été de 574 euros dont 262 euros pour la vieillesse, 197 euros pour la santé et 41 euros pour la politique familiale. Les dépenses d'enseignement ont représenté 95 euros, les aides et subventions aux ménages et entreprises hors transports 72 euros, et les dépenses en faveur des transports 36 euros.
Par ailleurs, les dépenses des services généraux ou "fonctions support" (Présidence, Parlement, services du Premier ministre, fonctionnement des différents ministères…) ont été de 71 euros, les dépenses liées au chômage de 34 euros, et les dépenses militaires de 31 euros. Enfin, autre information intéressante alors que les taux d'intérêt sont au plancher depuis plus de deux ans, les intérêts de la dette n'ont représenté "que" 28 euros sur 1000 euros dépensés. Les dépenses sociales ont donc représenté la plus grosse partie du gâteau en 2019, puisque plus de la moitié des impôts a été attribuée à ce poste, dont 26% pour le financement vieillesse. En a-t-il toujours été ainsi ?
Le site FIPECO s'est pour sa part penché sur l'évolution de ces chiffres de ventilation des dépenses depuis 1995, afin de mettre en lumière les politiques publiques dont les dépenses avaient le plus augmenté ces 25 dernières années. Et les résultats sont très instructifs : ainsi les dépenses sociales ont progressé de 10% depuis 1995, dont 17% pour la seule partie vieillesse, et 43,8% pour l'exclusion sociale, quand les déboursements aux familles ont en revanche diminué de 14%. Une évolution qui traduit naturellement le vieillissement de la population de l'Hexagone et une diminution des politiques familiales. Les dépenses dans l'enseignement ont également diminué de 9,5%.
Celles qui ont le plus fortement progressé sont les dépenses liées aux loisirs, au sport et à la culture (+44,4%) mais surtout celles pour l'environnement (+63,6%%). Mais, relativisent les auteurs de l'étude, "la part des dépenses publiques affectées à la protection de l'environnement était très faible en 1995 et le reste en 2019". À noter aussi que la part des dépenses liées à la défense est celle qui a le plus diminué sur 25 ans, de 32,6%. Enfin, et Bercy peu remercier la BCE de ce point de vue là, les dépenses liées au paiement des intérêts de la dette publique se sont effondrés de 56%. Rappelons qu'au 1er janvier 1995, l'OAT dix ans française se traitait à 8,11%... aujourd'hui l'obligation de même échéance s'échange en territoire négatif, à -0,3%.
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