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Olivier Dussopt PLF Agence France Trésor

Politique économique / Dépense publique / Bercy / Déficit / Dette

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Dépense publique / Bercy / Déficit / Dette

La déconfiture des finances publiques

Le ministre des Comptes publics a revu à la hausse le chiffre du déficit public pour cette année : il est désormais attendu à 11,3% du PIB contre 10,2%. La trajectoire des comptes publics à moyen terme devrait elle aussi être pire que prévu.
JEAN CASTEX, PREMIER MINISTRE, RENCONTRE A MATIGNON
JEAN CASTEX, PREMIER MINISTRE, RENCONTRE A MATIGNON

La facture s'alourdit pour l'État français. Deux jours après l'entrée en confinement de l'Hexagone, le second en moins de six mois, le ministre des comptes publics a annoncé que le déficit pour cette année serait plus élevé que prévu. Alors qu'il était attendu à 10,2% du PIB, il devrait finalement atteindre 11,3% du PIB en 2020. Un niveau encore pire qu'au lendemain de la crise financière de 2008, lorsque le déficit avait atteint 7,2% du PIB (en 2009). 11,3% du PIB, "cela représente 248 milliards d'euros pour 2020" a précisé Olivier Dussopt dans une interview au JDD hier. Sachant que "l'essentiel sera porté par l'État", à hauteur de 233 milliards cette année. La dette de l'Hexagone elle, devrait grimper à hauteur de 119,8% du PIB cette année, contre 98,1% à fin 2019 et alors que le gouvernement tablait plutôt sur un fardeau de 117,5% du PIB, avant que ne survienne la seconde vague.

Ces nouvelles prévisions budgétaires, liées aux 20 milliards d'euros de dépenses supplémentaires dévoilées par Bercy jeudi soir, afin de soutenir les secteurs les plus frappés, seront inscrites au PLF4. Projet de loi qui sera présenté ce mercredi en Conseil des ministres. Le lendemain, Olivier Dussopt sera entendu sur le même sujet devant la commission des finances du Sénat. Vu la hausse de la facture, l'Agence France Trésor (AFT) devra elle aussi revoir son programme d'émissions de dette d'ici la fin de l'année : rappelons qu'elle avait initialement prévu d'émettre 205 milliards d'euros, montant trois fois revu à la hausse pour finalement atteindre un montant record de 260 milliards. En 2021, l'AFT devrait de nouveau émettre 260 milliards d'euros. Il ne lui reste plus que le mois de novembre et décembre pour accroître ses émissions sur les marchés, à un moment où tous les États de la zone euro achèvent eux aussi leurs colossaux programmes d'émission pour 2020.

La dérive de la trajectoire des comptes publics

La dégradation des comptes de l'Hexagone, liée à la fois aux dépenses publiques supplémentaires et aux moindres rentrées fiscales du fait du recul plus fort que prévu du PIB (le gouvernement anticipe -11% pour 2020), devrait malheureusement impacter la trajectoire des finances publiques à moyen terme. Début octobre, la direction générale du Trésor avait publié son scénario d'évolution des comptes de l'État et estimé que la dette française atteindrait 116,2% du PIB l'an prochain, tandis que le déficit diminuerait, pour représenter 6,7% du PIB.

Ces anticipations semblent désormais compromises avec le déferlement de la seconde vague et l'instauration d'un confinement qui pourrait durer plus longtemps que les quatre semaines annoncées. Car, vu l'effondrement du PIB prévu pour le dernier trimestre, il y a fort à parier que le gouvernement devra davantage mettre la main à la poche l'an prochain, dégradant d'autant le déficit de l'État en 2021. Et la croissance, elle, initialement prévue à 8% l'an prochain, pourrait être bien inférieure, alors que consommateurs comme entreprises risquent de retarder leurs décisions d'investissements, dans un contexte de confiance dégradé. Le rebond tant attendu l'an prochain, s'il est moins fort que prévu, remettra du même coup en cause le retour au niveau d'activité de 2019 dès 2021. Bref, il faudra sans doute attendre plus longtemps pour retrouver le niveau d'activité pré-Covid et un endettement inférieur à 100% du PIB. En septembre, la direction du Trésor tablait sur un fardeau public situé à 117,4% du PIB à horizon 2025. 

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