Taux - Dette Souveraine / Dette obligataire / OAT / AFT
Taux - Dette Souveraine
Dette obligataire / OAT / AFT
La France va émettre à 50 ans
Comme annoncé lors du programme de financement pour 2021, l'AFT devrait procéder dans les prochains jours au lancement d'une nouvelle obligation à 50 ans, profitant de la faiblesse exceptionnelle des taux d'intérêt pour allonger la maturité moyenne de sa dette. L'Agence a ainsi annoncé la création d'une OAT mai 2072, cinq ans après le lancement de l'OAT mai 2066, dont 12 milliards sont actuellement en circulation. À l’époque, l'OAT à 50 ans avait déjà rencontré une forte demande, de plus de 2 fois supérieure à l'offre et s'était adjugée à un rendement de 1,92%.
Tout comme il y a cinq ans, cette nouvelle obligation, sera émise par syndication, technique fréquemment utilisée pour les segments de marché moins profonds, dont la partie la plus longue de la courbe fait naturellement partie. La syndication consiste en un engagement précis entre les banques (souscripteurs réunis dans un syndicat bancaire, cette fois-ci BNP Paribas, Deutsche Bank, HSBC, JP Morgan, et Société Générale) et l’émetteur, d’acquérir des titres à un prix défini avec l’émetteur. Elle est particulièrement intéressante pour connaître le type d'investisseurs en dette française, puisqu'à la différence d'une émission classique, les résultats d'une syndication révèlent le pourcentage d'acheteurs par groupe de porteurs (compagnies d'assurance, OPCVM, établissements de crédit…) et s'ils sont français ou non résidents.
Cette nouvelle souche devrait intéresser les investisseurs, sa maturité à 50, la plus longue du marché, permettant d'obtenir un peu plus de rendement que sur des OAT à 10 ou 20 ans. Rappelons que l'OAT 10 ans se traite actuellement à -0,3% quand l'OAT mai 2066 s'échange à un rendement de 0,52%. La France offre ainsi des rendements négatifs pour ses titres jusque 20 ans (0,14%).
L'AFT quant à elle va profiter de ce début d'année où les taux sont encore au plus bas pour émettre à moindre coût et rallonger la maturité moyenne de sa dette, actuellement de 8 ans et 78 jours. Certes, les taux devraient rester très bas en moyenne toute cette année, compte tenu de la promesse de la BCE de soutenir les marchés et les États tant que durera la pandémie, mais ils pourraient commencer à remonter en seconde partie d'année, malgré le PEPP, si la conjoncture s'améliore et que les investisseurs commencent à anticiper l'après Covid.
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