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L'industrie européenne fait de la résistance
Sans surprise, l'industrie du Vieux Continent a mieux résisté à la crise économique liée à la Covid que le secteur des services, bien plus affecté par les mesures de distanciation sociale. Et les chiffres publiés par Eurostat concernant la production industrielle européenne du mois de décembre en sont une preuve supplémentaire. Si elle a reculé de 1,6% sur le dernier mois de l'année, en raison d'une anomalie dans les statistiques irlandaises (le pays est en train de changer sa méthodologie d'ajustement mensuel), elle a surtout progressé de 3,9% sur le quatrième trimestre 2020, retrouvant quasiment son niveau d'activité de fin décembre 2019. "La production industrielle est désormais située 0,8% en dessous de son niveau de décembre 2019 et est 3,2% inférieure à son niveau de février 2020", explique ainsi Eurostat.
La forte reprise des exportations européennes a notamment contribué à la bonne résistance du secteur industriel : l'accélération de l'économie chinoise, seul pays dont le PIB a affiché une croissance positive l'an dernier, de même que la belle reprise américaine ont soustenu la demande industrielle du Vieux Continent. "Les données relatives aux exportations pour le mois de décembre montrent que les exportations de biens pour la zone euro ont désormais retrouvé leurs niveaux pré-Covid. Il en va de même pour la balance commerciale, qui est maintenant plus élevée qu'en janvier et février malgré l'appréciation de l'euro. Cela souligne l'importance des exportations pour la reprise du secteur manufacturier", explique ainsi Bert Colijn, senior économiste chez ING.
Des difficultés persistantes dans les chaînes d'approvisionnement
Certes, l'industrie européenne devrait encore souffrir des problèmes de rupture de chaîne de production, ainsi que des mesures de restriction sociales encore en vigueur dans de nombreux pays, du fait de la résurgence du virus et de variants. "Le problème d'approvisionnement de semi-conducteurs pénalise l'industrie automobile", explique ainsi Andrew Kenningham, chef économiste chez Capital Economics. La sortie du Royaume-Uni de l'UE devrait également perturber les échanges commerciaux entre les deux régions et potentiellement gêner la production industrielle des deux côtés de la Manche. "L'industrie ne devrait donc pas de connaître d'accélération au premier trimestre de cette année", estime Andrew Kenningham.
Il reste que les dernières enquêtes de confiance menées dans le secteur industriel sont plutôt de bon augure pour les mois à venir. Ainsi, côté français, l'enquête PMI du mois de décembre avait affiché une forte hausse de la confiance des directeurs d'achats interrogés, avec le plus haut degré d'optimisme jamais atteint depuis avril. De même les entreprises interrogées ont-elles affirmé qu'elles prévoyaient une hausse des embauches, pour la première fois depuis décembre 2019. Enfin, selon une enquête dévoilée par l'INSEE il y a quelques semaines, les chefs d'entreprise du secteur manufacturier ont majoritairement dit anticiper un rebond de leurs investissements (de plus de 10%) pour cette année. Des chiffres encourageants pour l'industrie française, qui représente 14% du PIB français, et qui laissent espérer que la production, encore située 5% en dessous de son niveau d'avant crise, retrouve rapidement ses niveaux d'activité de février 2020. "Ainsi, malgré les problèmes de la chaîne d'approvisionnement et la deuxième vague du coronavirus, le secteur manufacturier fait preuve de résilience", explique Bert Colijn. "L'industrie manufacturière est donc LE point positif dans une perspective à court terme par ailleurs morose", conclut l'économiste.
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