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Indicateurs macros / Allemagne / production industrielle

Indicateurs macros
Allemagne / production industrielle

L’industrie allemande repart timidement

Les commandes industrielles ont augmenté de 10,4% en mai par rapport à avril. Mais le chiffre reste loin de ce que prévoyait les analystes (17%) et très bas en comparaison de mai 2019 (-29,3%).
Berlin - Allemagne
Berlin - Allemagne

Outre-Rhin, les conséquences économiques de la crise sanitaire semblent relativement moins significatives. Le FMI prévoit ainsi une diminution de 10,2% de la croissance au niveau de la zone euro et "seulement" 7,8% pour l’Allemagne pour 2020. Les sages allemands (les économistes conseillant Angela Merkel) vont dans le même sens, bien que plus optimistes, en prévoyant une baisse de 6,5% pour le leader de la zone euro contre 8,5% pour la zone en moyenne. Le ministre de l’économie, Peter Altmaier, déclarait ainsi dimanche dans le Bild am Soontag "je suis certain que la baisse de notre économie peut être enrayée dès la fin des vacances d’été et qu’à partir d’octobre la reprise s’amorcera en Allemagne". Il ne croyait pas si bien dire, puisque Destatis a dévoilé ce matin des chiffres des commandes industrielles allemandes en hausse pour le mois de mai. Après une diminution de près de 26,2% en avril par rapport à mars, les commandes industrielles ont bondi de 10,4% en mai sur un mois. 

Ces commandes sont majoritairement tirées par la demande intérieure, en hausse de 12,3% sur un mois. La demande extérieure, certes en hausse de 8,3%, cache une distinction à faire entre zone euro (+20,9%) et les autres pays (+2%). Dès lors, on le retour à la normale en Allemagne dépendra surtout d'une situation sanitaire mondiale permettant un commerce comparable à l’avant crise. Car la faible hausse des commandes extérieures à la zone euro "montre que la crise est loin d’être terminée" selon Carsten Brzeski, économiste chez ING Bank. D’ailleurs, "les chiffres des commandes industrielles d’aujourd’hui véhiculent deux messages importants : la levée du confinement a entraîné un bon en V de l’activité mais le retour aux niveaux d’avant crise ne sera pas facile", selon l’économiste. 

Le pourcentage est ainsi loin de ce qu’attendait des analystes qui, sondés par Factset, misaient sur un rebond de 17%. Pire, la diminution est de 29,3% par rapport à mai 2019. Le calamiteux mois d’avril, avec une diminution de 26,2% sur un mois et 36,9% sur un an, est tout de même derrière Berlin. Le comité des sages, qui anticipait "un retour graduel de la croissance" semble avoir visé juste. 

Avec une dette bien moins conséquente que ses homologues européens (59,80% du PIB au quatrième trimestre 2019 contre plus de 98,84% du PIB en 2018 pour la France par exemple), Berlin a pu mettre plus de ressources sur la table pour le soutien et la relance économique. Ce ne sont pas moins de 11% du PIB qui ont été mobilisés jusqu’ici, ridiculisant les 2,4% mis sur la table par l’exécutif français. L’indice PMI de la France en juin était pourtant supérieur à celui de l’Allemagne (51,7 contre 47). Pour complètement repartir et relancer sa machine, Berlin doit donc miser sur un retour du commerce international à la normale. Ce qui est loin d'être acquis à l’heure où l’épidémie atteint des records de contaminés chaque jour aux États-Unis et où l’Espagne a reconfiné 210.000 habitants… 

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