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Casino relève franchement la tête

Publications, Résultats / Casino / Jean-Charles Naouri

Publications, Résultats
Casino / Jean-Charles Naouri

Casino relève franchement la tête

Le groupe de distribution de Jean-Charles Naouri a connu un exercice 2020 très satisfaisant en termes d’activité et de rentabilité. Par ailleurs il a poursuivi les cessions annoncées il y a deux ans. Ce qui fait de lui un groupe plus agile, plus musclé, plus rentable et plus attirant pour les investisseurs.
Casino logo
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Nombreux étaient les journalistes et les analystes financiers à avoir enterré un peu tôt Jean-Charles Naouri, il y a deux ans, alors qu’il était harcelé par les fonds activistes qui spéculaient à la baisse sur le titre Casino, alors qu’Alain Minc cherchait à convaincre Carrefour de mettre la main sur son concurrent à bas prix, et alors que face aux échéances financières, le groupe a dû demander son placement en sauvegarde, le temps de restructurer sa dette.

Depuis, l’eau a passé sous les ponts. Mais surtout Jean-Charles Naouri a fait exactement ce qu’il avait dit qu’il ferait : améliorer la rentabilité de son activité de distributeur et réduire sa dette par la cession d’actifs non stratégiques. Sans l’aide des banques mais avec le soutien fidèle et constant de son vieil ami Marc de Lacharrière il a remonté le courant et exécuté toutes les phases de son plan de restructuration. À tel point que d’ici peu la "recovery" de Casino sera et l’échec de ses actionnaires activistes sera étudié dans toutes les écoles de commerce, comme un cas exemplaire.

En termes d’activité, Casino a connu une année 2020 soutenue grâce (et malgré) la pandémie avec un chiffre d’affaires consolidé en progression de 8 % à taux de change constant. Mais le point fort de ces résultats c’est la progression de 17 % de l’Ebitda. Si bien que la marge opérationnelle du groupe a progressé de 80 points de base. Ce qui est très significatif. Le résultat opérationnel courant affiche pour sa part une croissance de 25 % à données comparables. Ce qui le porte à 1,83 milliard d’euros. Quant au résultat net normalisé part du groupe, il bondit de 37 % à 268 millions d’euros et de… 62 % à taux de change constant. Le free cash-flow est passé de 103 à 407 millions d’euros. Ce qui a contribué, avec les cessions d’actifs annoncées à faire reculer la dette financière brute de 1,8 milliard d’euros.

Le groupe a donc réussi au cours de cette année compliquée, non seulement à faire progresser la rentabilité de son activité historique de distribution (12 % de marge au second semestre !), à faire décoller les résultats de son activité d’e-commerce avec Cdiscount, qui talonne désormais Amazon en France, à développer ses activités périphériques de data et d’énergie verte (GreenYellow) tout en menant à bien son programme de cessions d’actifs et en diminuant de 1,5 milliard d’euros son programme de refinancement. Tout cela justifie la progression de plus de 21 % du cours de Bourse au cours des six derniers mois.

D’autant que l’année 2021 se présente de manière favorable. Avec l’ouverture de nouveaux magasins de proximité et la poursuite d’une croissance rentable dans la distribution alimentaire, y compris dans les hypers. Avec la poursuite de la progression très forte de l’activité de Cdiscount grâce à l’activité soutenue de sa place de marché. Et avec la poursuite des cessions d’actifs non stratégiques pour atteindre l’objectif de 4,5 milliards d’euros d’arbitrages tout en accroissant le free cash-flow de manière à accélérer le retour à une situation financière acceptable par les investisseurs. Dans ce but, il n’y aura pas de distribution de dividende cette année.

À noter qu’en Amérique Latine, le groupe s’apprête à procéder dans quelques jours à la scission d’Assai, avec une cotation prévue dès lundi prochain. Les actions Assaí seront distribuées aux actionnaires de GPA selon la parité d’une action Assaí pour une action GPA. Cette entité a vu son résultat opérationnel progresser de 36 % l’an passé et son cash-flow disponible croître de 238 millions d’euros (hors cessions).

On le voit, si la restructuration complète de Casino n’est pas achevée, elle est très nettement en bonne voie, tant sur le plan du business que sur celui de la situation financière. Le groupe a trois avantages sur ses concurrents. Une distribution axée sur les magasins de proximité aux dépens des hypers, une forte présence dans le bio avec Naturalia, et dans l’e-commerce avec Cdiscount. Surtout il a mené avec beaucoup de rigueur son plan d’assainissement financier. C’est ce que les investisseurs surveillaient de près et qu’ils saluent ce matin. Tout cela va se poursuivre en 2021. Et tant pis pour tous ceux qui avaient enterré trop tôt Jean-Charles Naouri !

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