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LBO, capital-investissement, private equity

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Eurazeo cumule les records malgré un millésime difficile pour ses participations

La société d'investissement affiche pour 2020 un actif net réévalué, des levées de fonds et des actifs sous gestion records. Le rythme devrait se poursuivre en 2021.
Virginie Morgon
Virginie Morgon

On le savait déjà, 2020 a plutôt été un bon millésime pour Eurazeo - mis à part les accidents financiers du loueur Europcar, dont la restructuration financière a conduit la société d'investissement à déprécier l'intégralité de sa participation, et de l'agence de voyages étudiants WorldStrides, facteurs essentiels de sa perte annuelle nette de 160 millions d'euros. Dans les comptes 2020 publiés intégralement jeudi matin, deux éléments devraient particulièrement intéresser les actionnaires.

D'une part, l'Actif net réévalué (ANR), ce qui va in fine dans leur poche, a atteint un montant record de 85,40 euros par action. Il a progressé de 6,3 % entre le 31 décembre 2019 et fin 2020 (et de 21 % au cours du second semestre). Une partie importante du portefeuille d'Eurazeo est composée de sociétés des secteurs technologiques et de croissance, qui représentent plus de 40 % de ses actifs sous gestion et qui se sont révélées être les vrais gagnants de la crise. En outre, la firme a réalisé de nombreuses cessions en 2020. "Étant donné que nous faisons preuve de prudence dans le calcul de notre ANR, ce qui s'est ressenti au premier semestre, les cessions nous permettent d'externaliser la valeur cachée des actifs", explique Eurazeo, sollicité par WanSquare. Cette "valeur cachée" a représenté 4,60 euros dans l'ANR par action en 2020.

D'autre part, les actifs sous gestion (générateurs de revenus via les commissions de gestion) ont également établi un nouveau record pour Eurazeo en passant pour la première fois la barre des 20 milliards d'euros, à 21,8 milliards exactement. Ils ont été portés par d'importantes levées de fonds, comme Eurazeo Growth Fund 3, l'une des plus grosses levées en Europe en 2020. Au total, 2,9 milliards d'euros ont été collectés (+19 %), autre nouveau record, dont un bond de 79 % dans la catégorie Private equity (capital-investissement).

Si les actifs de ses différents portefeuilles ont souffert de la crise (-21 % de revenus et -36 % d'Ebitda), Eurazeo estime la structure financière en moyenne solide. Les sociétés n'ont pas participé à la ruée sur les dispositifs de garantie d'Etat type PGE (ces derniers représentent 3 % de leur endettement moyen). "En excluant une entreprise qui a réalisé une acquisition importante fin 2020, le levier moyen du portefeuille d'Eurazeo Capital est resté stable, entre 4,5 et 5 fois l'Ebitda. Nous observons la même tendance dans les participations d'Eurazeo PME, dont le levier moyen est passé de 4,4 fois en 2019 à 4,7-4,8 fois en 2020, soit un ou deux "tours" de moins que la moyenne du marché", explique la société de gestion.

Cette situation a limité la nécessité d'Eurazeo à injecter des fonds propres dans ses entreprises. En avril de l'année dernière, le gestionnaire avait indiqué qu'il n'investirait pas plus de 2 % de l'ANR en réinvestissements supplémentaires dans ses portefeuilles en 2020, alors qu'il n'avait pas encore anticipé de deuxième, ni de troisième vagues. Cette prédiction s'est confirmée : la somme représente moins de 100 millions d'euros, pour un ANR de 6,7 milliards d'euros.

Eurazeo s'attend à un rythme de cessions dynamique en 2021 et en 2022 au regard de la maturité de ses différents portefeuilles. De même, le gestionnaire s'attend à un nouveau record dans les levées de fonds. Au cours des deux premiers mois de l'année, les investisseurs lui ont déjà apporté 600 millions d'euros. Il sollicitera aussi pour la première fois les investisseurs extérieurs pour certaines stratégies jusqu'ici financées uniquement sur ses ressources propres (Eurazeo Patrimoine et Eurazeo Brands). La nouvelle équipe Infrastructures (issue de la société de gestion Marguerite) va également se lancer dans sa première collecte (probablement moins de 100 millions d'euros). Sans parler des fonds spécialisés (santé, etc.) ou sur-mesure pour certains souscripteurs. Les investissements devraient suivre, alimentés par près de quatre milliards d'euros de "poudre sèche" (argent levé non encore investi), 354 millions de trésorerie au 5 mars 2021 et une ligne non tirée de crédit renouvelable de 1,5 milliard d'euros.

La hausse des revenus récurrents et la solidité financière du groupe lui permettent de proposer un dividende de 1,50 euro par action au titre de 2020, soit une hausse de 20 % par rapport à 2018 (la distribution au titre de 2019, de 1,50 euro également, avait été annulée en raison de la crise). L'action flambait de 6% ce matin peu après l'ouverture de la Bourse, à 64,7 euros.

D'un point de vue macroéconomique, Eurazeo affiche une certaine sérénité face au risque de remontée violente des taux d'intérêt, qui agite les marchés et les économistes. La firme n'a couvert qu'une partie des dettes de ses portefeuilles ; elle estime que les gouvernements n'ont pas intérêt à laisser monter les taux à des niveaux trop importants. En outre, des sociétés modérément endettées qui se désendettent progressivement réduisent d'autant leur dépendance vis-à-vis des variations de taux.

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