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Climat des affaires / industrie / France
France : l’industrie vit sa vie
Ce nouveau confinement aura bien moins traumatisé les chefs d’entreprise en France, si l’on en croit l’Insee. Si le climat des affaires compilé par l’institut statistique s’est dégradé en avril sous l’effet du confinement par rapport au mois précédent, il ne perd "que" deux points, pour s’établir à 95 points (moyenne de longue période à 100 points). En comparaison, il avait perdu 51,5 points entre février et avril 2020 et 10,8 points lors du deuxième confinement en novembre dernier. Cette moindre détérioration du climat des affaires s’explique par un phénomène que l’on n’avait pas observé durant les deux autres confinements : le moral des chefs d’entreprise de l’industrie continue de s’améliorer. En effet, dans ce secteur, le climat des affaires gagne 5 points. À 104 points, il repasse au-dessus de sa moyenne (100). Se cache derrière cela l'opinion des industriels sur le niveau de leurs carnets de commandes qui s'améliore nettement, qu’il s’agisse des commandes totales ou de celles provenant de l'étranger.
Et toutes les branches industrielles profitent de cette dynamique. Après deux mois de faible progression, le climat des affaires de la branche des biens d'équipement bondit de 7 points. À 115, il atteint le niveau le plus élevé des différentes branches de l'industrie. L’Insee pointe le climat de l'industrie des équipements électriques qui s'accroît de 11 points et atteint un niveau inédit depuis… novembre 2000 ! Par ailleurs, le climat des affaires progresse aussi dans l'industrie agroalimentaire (+5 points, à 107). D’autre part, dans la branche dite des autres industries, la hausse du climat des affaires est plus modérée (+3 points, à 108), mais il faut rappeler que l'indicateur évoluait déjà au-dessus de son niveau long terme depuis décembre dernier. "La hausse est particulièrement prononcée dans la fabrication de caoutchouc, plasturgie et dans l'industrie chimique", indique l’Insee.
En parallèle, le climat des affaires dans les services et le commerce de détail s’est, sans surprise, détérioré, mais là encore, dans une bien moindre ampleur que lors des autres épisodes de resserrement des mesures de restriction, comme l'esquissait l'enquête de conjoncture de la Banque de France il y a peu. À 91, l’indicateur des services perd 3 points, tandis qu’il perd 5 points dans le commerce de détail (à 90 points).
Malgré cette plus grande résistance de l'économie française, "les quatre dernières semaines de restrictions pèseront sur l'évolution du PIB en 2021, notamment au deuxième trimestre qui démarre sur des bases fragiles", estime Samuel Abettan, économiste chez ING, qui continue d'anticiper "une forte reprise de l'économie au troisième trimestre 2021" et une croissance du PIB "d'environ" 5 % cette année. A plus court terme, Hélène Baudchon, économiste chez BNP Paribas, juge que, "cela conforte notre prévision d’une croissance tout juste positive au T2, même si le risque d’un chiffre négatif ne peut pas être écarté".
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