Macro-économie / Taux / Allemagne / Climat des affaires / IFO
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Allemagne / Climat des affaires / IFO
L’inquiétude grandit en Allemagne
Tandis que le deuxième trimestre s’est avéré légèrement meilleur qu’escompté en Allemagne avec une croissance (en glissement trimestriel) de 1,6 % du Produit intérieur brut (PIB) - contre 1,5 % en première estimation -, le troisième trimestre, lui, voit le moral des entreprises s’affaisser. En effet, l'enquête mensuelle de l'institut Ifo indique que pour le second mois consécutif, le climat des affaires s’est dégradé. L’indice qui le synthétise a reculé plus qu'attendu, à 99,4 points après 100,7 en juillet, alors que les économistes et analystes interrogés par Reuters tablaient en moyenne sur un chiffre de 100,4. "L'humeur s'est de nouveau assombrie dans l'économie allemande", a déclaré le président de l'Ifo, Clemens Fuest.
Si la composante du jugement des chefs d'entreprise sur la situation économique actuelle a augmenté à 101,4 après 100,4 le mois dernier, celle de leurs anticipations à six mois a diminué à 97,5 contre 101 en juillet. Et ce moindre optimisme pour les mois à venir de toucher l’ensemble de l’économie, à l’exception du secteur de la construction. "Les goulets d'étranglement qui touchent les produits intermédiaires dans l'industrie manufacturière et les craintes liées au nombre d'infections pèsent sur l'économie", explique Clemens Fuest, qui ajoute que l'inquiétude augmente notamment dans les secteurs de l'hôtellerie-restauration et du tourisme.
Il y a plusieurs explications possibles à la perte de vitesse actuelle de l'économie allemande, selon Carsten Brzeski, économiste chez ING. "Il suffit de penser aux inondations, aux craintes liées au variant Delta, à l'incertitude politique ou aux frictions dans la chaîne d'approvisionnement", explique l’économiste qui y voit aussi le retour à "une forme de réalisme" après que les attentes ont atteint un sommet au printemps. En raison de moindres mesures de restriction durant l’été (l’économie était entravée en avril et mai), le PIB devrait tout de même avoir vu sa croissance accélérer durant le troisième trimestre pour s’établir "aux alentours de 3 %", selon Andrew Kenningham, économiste chez Capital Economics.
Dans son dernier point de conjoncture, la Bundesbank avance que le retour au niveau d'avant-crise devrait s'effectuer au cours du troisième ou du quatrième trimestre.
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