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Eurazeo et Advent font le pari du tourisme avec Planet
L’année 2020, marquée au fer rouge par la pandémie, n’a pas ralenti l’activité d’Eurazeo, en particulier dans la catégorie des "large buyouts" - actifs de taille importante. La société d’investissement cotée a ainsi signé un accord de vente avec le fonds Advent International concernant Planet, spécialisé dans les solutions de paiement particulièrement destinées aux détaillants et professionnels du tourisme, de l’hôtellerie et de la restauration. Des activités pas uniquement, mais fortement dépendantes des voyages.
À travers cet accord, Eurazeo, qui détenait 95% du capital de Planet, cède sa participation sur la base d’une valeur d’entreprise (c’est-à-dire dette comprise) de 1,8 milliard d’euros, soit un multiple d’environ 16 fois l’Ebitda de l’entreprise en 2019 ; mais il réinvestira à parité avec Advent, modulo le reliquat détenu par la direction de l’entreprise.
Un tel montant permet à Eurazeo de multiplier son investissement initial par 2,5 et fait ressortir un taux de rendement interne (TRI) de 19 %. Une performance financière non négligeable, sachant qu’il a acquis Planet fin 2015 : l’entreprise s’appelait alors Fintrax et son activité se limitait au remboursement de TVA pour les touristes. Eurazeo l’avait acquise auprès du fonds Exponent Private Equity pour une valeur d’entreprise de 550 millions d’euros.
L’histoire de Planet est celle d’un build-up mené à un rythme rapide : fin 2017, Fintrax faisait l’acquisition pour 260 millions de dollars de Planet Payment, société américaine cotée sur le Nasdaq et spécialisée dans la conversion de devises (qui permet au consommateur de payer dans sa propre monnaie) ; en juin 2020, la société rebaptisée simplement Planet achetait 3C Payment, dans les systèmes de gestion de caisses. Parallèlement, l’entreprise a développé en interne une activité de traitement de flux de paiement, via les réseaux internationaux de paiement (Mastercard, Visa, etc.) et les nouvelles applications électroniques (wallets, WeChatPay, Alipay…).
"Nous avons réalisé un énorme travail de transformation de l’actif, y compris dernièrement à travers l’acquisition de 3C Payment. Cette opération, réalisée en pleine crise sanitaire, a montré notre confiance dans le secteur et attiré l’attention d’industriels et de fonds. L’annonce d’un vaccin a également dégagé l’horizon pour ceux qui parient sur une forte reprise du secteur", résume pour WanSquare Marc Frappier, membre du directoire d’Eurazeo et responsable de l’activité mid-large buyout.
La Bourse dans deux ans ?
Planet ne figurait pas dans le programme de sorties à réaliser à court terme. Mais avec des acheteurs potentiels prêts à proposer des valorisations importantes, Eurazeo a entamé une réflexion. L’intérêt d’Advent n’est pas surprenant : le fonds américain a beaucoup investi dans le secteur des paiements en Europe.
En cinq ans, Planet a triplé de taille. Selon Eurazeo, le groupe a le potentiel pour tripler encore. Pour Marc Frappier, renforcer l’actionnariat de Planet ne pourra que faciliter l’accélération de la croissance – d’autant plus que la société a souffert de la pandémie : son chiffre d’affaires a diminué de plus de moitié l’année dernière (de près de 400 à 160 millions d’euros) et son résultat net est passé d’un bénéfice de 23 millions à une perte de 70 millions d’euros. "En cas d’acquisition transformante nécessitant le soutien des actionnaires, l’effort pourra être partagé entre Eurazeo et Advent International", souligne Marc Frappier – précisant qu’une opération pourrait être annoncée dans les prochains mois. Une façon d’opérer dont Eurazeo est familier, comme l’illustrent les opérations sur Questel (avec IK), Trader Interactive (avec Goldmans Sachs) ou encore Foncia (avec Bridgepoint).
Pour dégager des moyens, Eurazeo avait pris les devants l’année dernière et obtenu une extension de deux ans de la maturité de la dette existante de Planet (560 millions d’euros bruts). Eurazeo et Advent ont choisi de la maintenir en l’état et de s’appuyer sur d’autres prêteurs en cas d’acquisitions à venir. Avant de refinancer l’ensemble – éventuellement assorti d’une remontée de dividendes aux actionnaires. Puis viendra le temps de la sortie, via une introduction en Bourse, ou une cession à des géants de ce secteur en pleine concentration, comme l’américain Shift4 Payments, introduit en Bourse en juin 2020 et présenté comme un acquéreur naturel.
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