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ING envisage de vendre ING Direct en France
L’hémorragie d’acteurs secondaires étrangers dans la banque de détail en France se poursuit. Elle concerne cette fois un acteur 100 % en ligne. ING vient d’annoncer le lancement d’une "revue stratégique" de sa banque en ligne ING Direct dans l’Hexagone. En clair, le groupe financier néerlandais souhaite la vendre.
Profitant du développement de la numérisation des services bancaires à la fin des années 1990, ING avait créé l’un des premiers acteurs en ligne européens : cette initiative précoce avait été facilitée par le rapport assez détaché que la clientèle néerlandaise entretient avec les transactions financières au quotidien – contrairement à la France, où les particuliers ont été plus lents à faire leur transition numérique en raison d’un attachement fort à la relation personnelle avec le conseiller.
Alors qu’ING était présent de longue date en France à travers ses activités de banque de financement et d’investissement (BFI), ING Direct s’y est implanté en 2000 et s’est développé petit à petit jusqu’à disposer d’une offre aux particuliers complète : compte courant, crédit immobilier, crédit à la consommation et produits d’épargne et d’investissement. Pratiquant des tarifs attrayants car n’ayant pas à supporter les énormes coûts de structures qu’engendre un réseau d’agences (en proposant parmi les premières la gratuité de la carte Gold), ING Direct compte un million de clients dans l’Hexagone, ce qui fait d’elle la deuxième banque en ligne derrière l’inamovible Boursorama Banque (avec 2,6 millions de clients) mais devant Fortuneo (filiale du Crédit Mutual Arkea) et Hello Bank (BNP Paribas).
Dans ces conditions, pourquoi chercher à vendre ING Direct ? "La décision de conduire une revue stratégique de la banque en ligne d’ING en France a été prise du fait des difficultés liées au contexte économique actuel et notamment la faiblesse des taux d’intérêt, des résultats financiers négatifs enregistrés par la banque en ligne ces dernières années et de sa part de marché relativement limitée", explique ING France, contacté par WanSquare. L’établissement précise qu’il devrait "être en mesure d’avoir une vision plus claire de la direction prise dans quelques mois", sachant qu’aucune décision définitive n’a encore été prise.
Contrairement à ses principales concurrentes, dont le nombre de clients n’a pas cessé d’augmenter, celui d’ING Direct a stagné autour du million ces dernières années. En outre, la banque en ligne est une activité difficile à rentabiliser, même pour des acteurs anciens, puisqu’elle commercialise des produits à faible marge. Ce qui rend ING Direct relativement peu attrayant pour un fonds d’investissement, à moins que celui-ci trouve un angle d’attaque particulier. Le portefeuille de clients peut intéresser un acteur concurrent. Des 700 salariés que compte le groupe ING, ING Direct en représente les deux tiers.
Mais en tous les cas, ING ne devrait pas souffrir des mêmes difficultés que le britannique HSBC, qui est sur le point de payer le fonds Cerberus pour lui céder sa filiale de banque de détail française – en raison de la présence d’un réseau d’agences, très difficile à rentabiliser en France face aux mastodontes nationaux que sont le Crédit Agricole, BNP Paribas, la Société Générale, le Crédit Mutuel et BPCE.
La nature très concurrentielle du marché bancaire français pour les particuliers est un véritable repoussoir pour les établissements étrangers. Beaucoup s’y sont cassé les dents, préférant orienter leurs priorités vers d’autres cieux. Autre acteur, le britannique Barclays, qui menait une réorganisation d’ampleur, avait cédé en 2016 son réseau bancaire au fonds AnaCap, qui en a fait une banque privée (donc spécialisée dans la clientèle aisée) et l’a rebaptisé Milleis Banque.
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