Sur les marchés / obligations / Allianz Global Investors
Sur les marchés
obligations / Allianz Global Investors
Le marché obligataire en pleine mutation
À l'occasion de la présentation de ses perspectives de marché et de sa stratégie d’investissement pour le second semestre 2021, Allianz Global Investors a estimé que le marché du crédit commence à mieux se porter.
À partir de juin 2020, les défauts sur le compartiment des High Yield, les investissements à risque élevé, n’ont cessé d’augmenter jusqu’à novembre 2020. L’année en cours devrait être plus soutenable en moyenne même si les secteurs fortement exposés au Covid vont rester sous pression. D’après Vincent Marioni, les émetteurs avec un degré d’exposition élevé devraient avoir un taux de défaut de 3,5 % en 2021 contre 10,17 % l’année dernière. La société de gestion d'actifs rassure malgré tout en anticipant un taux moyen à 12 mois sous les 2 %, plus optimiste que les 2,16 % annoncés par Moody’s.
Sans surprise, les secteurs de l’hôtellerie et des loisirs, des biens d'équipement, des biens de consommation durables et de la vente au détail s’inscrivent dans une fourchette entre 3,1 % et 6,1 % de défaillance de remboursement de crédit cette année.
Ces déficiences des entreprises à rembourser ont alors eu des conséquences importantes sur l’évolution de la notation du risque des obligations, mais étonnamment, seulement lors du premier semestre 2020. Au plus fort de la crise, pendant le deuxième trimestre, on dénombrait près de 25 "fallen angels" pour 1 "rising star". Pour rappel, un "fallen angel" correspond à une obligation qui est passée de peu risquée (IG) à spéculative (HY) et réciproquement une "rising star" avait autrefois une mauvaise cote (HY) et est devenue de bonne qualité (IG). Le bilan est diamétralement opposé début 2021 puisque les étoiles montantes sont devenues majoritaires. Sur les 12 prochains mois, les pronostics sont établis à 8 milliards d’euros d’obligations surclassées contre 12 milliards d’euros rétrogradés.
Pour soutenir le crédit, la BCE n’a pas rechigné à racheter les obligations d’entreprises. Actuellement, l’institution européenne détient 25 % de l’univers éligible. Plus précisément, les titres sont achetés principalement dans le cadre du programme d’achat du secteur des entreprises (CSPP) initié en juin 2016 et à moindre mesure par le biais du programme d’achat d’urgence pandémique (PEPP) lancé en mars 2020. Ces dispositions sans précédent permettent au marché obligataire de se maintenir.
Sur les marchés primaires, on constate une baisse de 41 % du montant global des nouvelles émissions d’IG par rapport au record de l’année dernière. Au contraire, l’offre de prêts et d’obligations HY atteint un niveau historique depuis janvier 2021.
Le marché des obligations vertes affiche de bonnes nouvelles. Les émissions ne se sont pas arrêtées de croître avec la crise et de grignoter des parts sur les autres types d’obligations. Le directeur des investissements crédit souligne la bonne performance de ce premier semestre : "Les obligations Corporate Green, Social et Sustainable ont représenté 20 % des émissions totales du marché Corporate EUR IG en 2021 (52 milliards d'euros) et 15 % pour le marché HY Européen (12 milliards d'euros)".
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