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Macro-économie / Taux / Inflation / us

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L'inflation aux États-Unis bien au-delà du consensus

En juin, l'accélération de l'inflation fut causée principalement par un marché des véhicules d'occasion en pleine effervescence. Son caractère transitoire divise plus que jamais les économistes.
Dollars - crédits : Robert Schmiegelt / Geisler-Fotopr / Geisler-Fotopress / dpa Picture-Alliance via AFP
Dollars - crédits : Robert Schmiegelt / Geisler-Fotopr / Geisler-Fotopress / dpa Picture-Alliance via AFP

Elle a encore surpris à la hausse ! L’indice des prix à la consommation aux États-Unis a en effet augmenté de 0,9 % en juin, une hausse mensuelle record depuis juin 2008 qui vient balayer à grand coup l’estimation du consensus située à seulement 0,5 %. De même, l’inflation sous-jacente, excluant les produits alimentaires et l’énergie, a progressé de 0,9 % tandis que le consensus prévoyait 0,4 %. Ainsi, sur 12 mois, l’inflation est actuellement de 5,4 %, un chiffre bien au-delà des prévisions qui continue de surprendre à l’image de ceux d’avril et de mai.

Néanmoins, Kathy Bostjancic économiste chez Oxford Economics estime que cela ne présage pas forcément une inflation élevée durable. En effet, l’envolée des prix est concentrée et est le fruit de quelques goulots d’étranglement créés à cause du redémarrage économique.

Alors que l'essence et le fuel ont affiché une forte croissance mensuelle de leur prix dans une fourchette comprise entre 5,1 % et 8,9 % de décembre 2020 à mars 2021, l’inflation de ces matières premières a retrouvé un niveau bas inférieur à 3 %.

Inversement, alors que ses prix baissaient entre décembre 2020 et avril 2021, le secteur des voitures et des camions d’occasion a pris le relais à partir de mai et a commencé à s’emballer avec des prix progressant encore de 10,5 % en juin. Cela s'explique par une pénurie de semi-conducteurs essentiels à la fabrication de voitures neuves, conduisant donc les véhicules de seconde main à attirer plus de clients qu’habituellement. Ce brutal changement illustre aussi le bon avancement de la campagne de vaccination aux États-Unis et le redémarrage de la consommation des agents économiques dans des biens durables.

Finalement en laissant de côté les énergies et la nourriture, produits présentant une forte volatilité, l’inflation sous jacente est alors de 4,5 % sur 12 mois et devient le plus haut niveau depuis novembre 1991. Oxford Economics prévoit que cela va constituer le pic d’inflation annuel étant donné que les effets de base vont s’atténuer dans les mois à venir. Contrairement à Kathy Bostjancic, James Knightley, chef économiste d’ING, reste sceptique sur le caractère transitoire de l’inflation défendu par la Fed : "nous ne sommes pas aussi optimistes que la Réserve fédérale en pensant que nous allons rapidement revenir autour des 2 %". À l’heure actuelle, le spécialiste d’ING n'entrevoit pas la fin des tensions sur la chaîne d’approvisionnement et le déficit de main d'oeuvre qui empêchent l’offre de suivre la demande croissante. À moyen terme, James Knightley pointe l’immobilier qui pourrait en cette fin d’année tomber dans les griffes de l’inflation haussière.

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