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L'Opep sort de l'impasse
Les négociations entre les membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétroles (12 pays) et leurs dix alliés se trouvaient dans une impasse depuis le début du mois, le refus de l'Arabie saoudite de céder aux revendications des Émirats arabes unis ayant figé les discussions entre pays de l'alliance. Dans un contexte de rivalité économique croissante entre les deux puissances du Golfe, la querelle pétrolière avait pris un tournant inhabituel par son caractère public : les ministres de chaque pays ont eu recours aux médias pour faire valoir leurs arguments. Les prix du brut avaient alors atteint des sommets, le baril de Brent s'échangeant à plus de 77 dollars le baril.
Les responsables avaient déclaré qu’une réunion plénière ne serait convoquée que si un accord était envisageable ; or, au fils de la semaine dernière, des signes de progrès ont été observés. Les ministres d'Arabie saoudite, du Koweït, des Émirats arabes unis, de Bahreïn et d'Oman se sont réunis virtuellement samedi et le lendemain, Abu Dhabi et Riyad parvenaient à un compromis. Les Émirats arabes unis ont obtenu que leur niveau de référence de production soit fixé à 3,5 millions de barils par jour, à mi-chemin entre les 2,8 millions demandés et leur niveau de référence précèdent, 3,17 millions de barils par jour. D'autres pays ont aussi bénéficié d'une hausse de leur base de production, les Émirats arabes unis n'étant pas les seuls revendicateurs.
Cette trêve entre les deux puissances a permis aux pays producteurs de brut de s'accorder sur la hausse de la production des prochains mois, motif de ces réunions mensuelles. Ils ont donc décidé d'augmenter l'offre de 400 000 barils par jour chaque mois à parti du mois d'août, jusqu’à atteindre le niveau de production pré-covid, 5,8 millions de barils par jour étant encore retenus. Si aucune modification n'est apportée à ce plan, le niveau de production du début de l'année 2020 sera atteint au mois d'octobre 2022. Le ministre saoudien de l'énergie, le prince Abdulaziz bin Salman, a déclaré après la réunion que "l’accord témoigne des liens solides qui unissent les membres et montre que "l'Opep+ est là pour rester". Le groupe continuera de se réunir tous les mois, et le calendrier pourrait être ajusté si nécessaire, signe que la gestion de l’offre du pétrole par le cartel se poursuit.
La rapidité avec laquelle des approvisionnements supplémentaires pourront être livrés sur le marché n'est pas encore assurée étant donné le retard que les négociations ont imposé à la mise en œuvre de cette production additionnelle. Autre facteur de ralentissement, la plupart des pays du Golfe se préparent à l'une des plus importantes fêtes islamiques, l’Aïd-el-Kébir, le 20 juillet, qui entraînera la fermeture des services publics et des entreprises pendant la majeure partie ou la totalité de cette semaine.
Une exception à ce ralentissement. L’Iran se prépare pour sa part à expédier une cargaison de pétrole depuis un port du Golfe d’Oman la semaine prochaine, sa première exportation de brut en dehors du Golfe Persique depuis la rupture, en 2018, de son accord nucléaire avec les États-Unis. Selon le ministre saoudien du pétrole, le pays s’assure par de nombreuses mesures, d'être en mesure d'augmenter sa production de brut dans un court délai si les sanctions américaines venaient à être levées. Un septième cycle de négociations se tiendra à Vienne mi-août entre Téhéran et Washington.
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