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Rapport annuel OPEP consommation pétrole

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Les accords de Paris feront bien baisser la demande de pétrole

L’Opep a revu à la baisse ses prévisions pour la croissance de la demande pétrolière à très long terme. Le fruit des efforts réalisés par les États pour limiter leurs émissions, selon l’organisation des pays producteurs. Mais dans une moindre mesure seulement.
Pétrole - forage
Pétrole - forage

Le monde va-t-il pouvoir se passer du pétrole ? Si les énergies renouvelables ne représentent encore qu’une part minoritaire de la production et la consommation d’énergie, les efforts des États pour réduire leurs émissions devraient tout de même finir par avoir un impact sur l’évolution de la demande mondiale de pétrole. Dans une moindre mesure. Telle est l’une des conclusions du rapport annuel de l’OPEP publié aujourd’hui.

Le document, dévoilé par les pays producteurs a ainsi listé les différents facteurs qui influenceront les besoins en or noir à long terme. Figure bien sûr la croissance de la population mondiale, qui devrait passer de 7,6 milliards à 9,2 milliards d'êtres humains d’ici 2040, mais aussi l’évolution du PIB mondial, qui devrait lui progresser de 3,4 % en moyenne par an, et les décisions politiques des États. "L’évolution du marché de l’énergie dépend en très grande partie des politiques mises en place par les gouvernements, qui fonctionnent comme des mécanismes pour stimuler le changement énergétique au-delà des logiques de marché traditionnelles", expliquent ainsi les auteurs du rapport. Ils citent à titre d’exemple les normes de plus en plus importantes pour le transport routier. La tendance actuelle devrait conduire à l’adoption accrue de modes d’énergie propre, au détriment du charbon, et du pétrole donc.

Du coup, selon les estimations de l’OPEP, alors que la demande globale d’énergie devrait progresser pour atteindre l’équivalent de 91 millions de barils par jour entre 2015 et 2040, passant de l’équivalent de 274 à 365 millions de barils par jour (soit un taux de croissance annuel moyen de 1,2%), celle de pétrole et de charbon devrait croître à des taux de 0,6% et 0,2% par an sur la période, contre une hausse de 7,4% pour les principales énergies renouvelables (éolien, photovoltaïque, solaire et géothermique). Toutefois, la base du renouvelable dans le mix actuel de la demande énergétique mondiale étant encore faible (moins de 20%), son augmentation en termes absolus ne devrait pas dépasser l’équivalent de 19 millions de barils par jour entre 2015 et 2040.

L’évolution de la demande mondiale de pétrole, liée à celle de la population et des décisions politiques prises par les dirigeants sur l’environnement, est également très différente selon les régions, précise le document. Alors que dans les pays de l’OCDE, elle devrait atteindre un plafond ces prochaines années, avant de décliner progressivement (-8,7 millions de barils par jour sur la période), les besoins des autres pays en développement devraient plus que compenser ce déclin (+22 mb/j). La Chine demeurera le plus grand consommateur de pétrole, tandis que l’Inde sera le pays où la demande progressera le plus entre 2015 et 2040.

En termes sectoriels, les besoins en pétrole continueront de provenir majoritairement du secteur des transports, qui est et restera celui où la demande est la plus faible en matière de carburants alternatifs. Ils devraient ainsi augmenter de 4,2 mb/j au cours de la période de prévision. L'OPEP reste cependant prudent : il est encore difficile d'émettre une hypothèse fiable concernant la pénétration du marché par les véhicules électriques, qui pourrait faire diminuer la demande mondiale de pétrole de 4 millions de barils par jour au moins. Par ailleurs, l'utilisation du pétrole à des fins industrielles (pétrochimie et autres industries) devrait augmenter de 4,5 mb/j entre 2017 et 2040.

Dans vingt ans donc, le pétrole et le charbon représenteront encore 75% du bouquet énergétique mondial. Certes, c’est moins que les 81% actuels. Mais les engagements pris par les États pour réduire leurs émissions de CO2 (le pétrole et le charbon sont les deux sources d’énergie les plus polluantes en termes d’émission) ne suffiront pas à inverser la proportion du mix énergétique mondial.

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