WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Macro-économie / Taux / pétrole / OPEP

Macro-économie / Taux
pétrole / OPEP

Pas de flambée du baril pour 2020

La hausse que connaît le cours du Brent depuis un mois et demi, dans le contexte d'apaisement des tensions commerciales Chine/USA et d'introduction d'Aramco, ne devrait pas se poursuivre l'an prochain. Du moins pas au cours du premier semestre. Explications. 
Puits de pétrole
Puits de pétrole

Il n'y aura pas eu de flambée des cours de l'or noir cette année, le ralentissement économique mondial de 2019 ayant largement compensé le plafonnement de la production de pétrole par les principaux pays producteurs. Ainsi, le baril de Brent devrait finir l'année autour de 65 dollars, soit le prix moyen auquel il se sera échangé sur l'ensemble des douze derniers mois. Un niveau de 10% inférieur au prix moyen du baril en 2018, conséquence de l'équilibre relatif entre l'offre et la demande donc.

Certes, le baril a grimpé de près de 10% depuis un mois et demi, mais cette hausse résulte avant tout de la politique de contrôle des prix temporaire menée par l'Arabie saoudite en amont de l'introduction de Saudi Aramco. L'Arabie saoudite avait en effet tout intérêt à ce que le baril grimpe avant la cotation de la société contrôlant l'ensemble des réserves d'or noir du royaume. Le semblant de trêve commerciale entre les États-Unis et la Chine, qui a permis d'éviter une nouvelle hausse des tarifs douaniers au 15 décembre, a également contribué à soutenir les cours du brut ces dernières semaines. "À court terme, les marchés d'actifs risqués sont en hausse grâce à la résolution en cours entre la Chine et les États-Unis. Il s'agit davantage d'un phénomène de sentiment de marché que de dynamique réelle, mais qui a eu une incidence sur le marché du pétrole", explique ainsi Harry Tchilinguirian, Head of Commodity Derivatives Research, Oil Research chez BNP Paribas. 

Si le baril est resté relativement stable cette année, quelles sont les perspectives du marché de l'or noir pour l'an prochain? Du côté de l'offre, tout dépendra de la façon dont les membres de l'OPEP implémenteront les nouveaux quotas de production qu'ils se sont fixés. Rappelons que les États ont décidé le 5 décembre dernier de réduire leur production de 500.000 barils supplémentaires, mais au cours du premier trimestre seulement. Ce qui constitue un changement par rapport à la politique de quotas adoptée par l'ensemble des membres de l'OPEP au moment de l'accord de Vienne en décembre 2016 et prolongé à quatre reprises depuis lors : à l'époque, les États s'étaient effectivement entendus sur une réduction de leur production à horizon un an. Cette fois-ci, leur engagement est de court terme, sans doute pour leur offrir plus de flexibilité et leur permettre de dresser le bilan de cette nouvelle décision en mars prochain.

Mais même à court terme, ce nouvel engagement de réduction de la production ne devrait pas faire grimper les prix. D'une part parce que la réduction de 167.000 barils à laquelle l'Arabie saoudite s'est engagée devrait compenser celle à laquelle l'Équateur était jusqu'à présent tenue. Le pays a effectivement annoncé son départ de l'OPEP à partir du 1er janvier prochain en raison de ses difficultés budgétaires et de son incapacité à tenir les engagements de production de l'organisation. Par ailleurs, l'Irak et le Nigeria ont déjà eu du mal à réduire leur offre de pétrole autant qu'ils le devaient. Il serait donc étonnant qu'ils parviennent à respecter les nouveaux engagements de décembre. "Sur cette réduction de la production de 500.000 barils supplémentaires, la moitié devrait être effectuée", estime Harry Tchilinguirian. Or, comme dans le même temps, la demande mondiale devrait diminuer, dans un contexte de ralentissement généralisé, l'offre de pétrole devrait rester excédentaire, entraînant une hausse des inventaires. "Il y a un risque de baisse des prix du pétrole important pour le premier trimestre", poursuit le responsable de BNP Paribas. Qui anticipe un baril autour de 60 dollars à la fin du premier trimestre et 54 dollars à la fin du deuxième.

Les prix pourraient se reprendre progressivement en seconde partie d'année, dès que les banques centrales auront assoupli leur politique monétaire, entraînant un redémarrage de l'activité. La production de schiste américain devrait par ailleurs diminuer au second semestre, au fur et à mesure que le prix du baril remonte. Mais malgré cela, le Brent ne devrait pas terminer l'année 2020 au-delà des niveaux de prix actuel. 

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article