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Interparfums / premier semestre / parfums

Interparfums porté par le dynamisme du marché

Interparfums a largement retrouvé son niveau d'activité d'avant-crise, même au-delà étant donné l'exceptionnel dynamisme de l'industrie des parfums de luxe. Et cela dans un contexte de pénuries et retards d'approvisionnement des composants qui oblige le fabricant de parfums sous licence à être stratégique.
Interparfums
Interparfums

Le créateur de parfums sous licence Interparfums est l'un des premiers groupes de la place parisienne à faire état de son activité au titre du premier semestre de cette année, ses premiers mois dans ses nouveaux locaux. En effet, le fabricant de parfums a quitté le 1er janvier son siège social historique du 4 rond-point des Champs Elysées pour s'installer au 10 rue de Solférino, l'ancien siège du parti socialiste français.

Un an après le début de la pandémie, la société de parfumeries a largement retrouvé son niveau d'activité d'avant-crise, même au-delà. Au cours du premier semestre, Interparfums a réalisé 266,3 millions de chiffre d'affaires, soit une hausse de 15,5 % à taux de change constant par rapport au premier semestre de l'année 2019 et de 91,2 % par rapport à l'an dernier. Et ce notamment grâce à la forte hausse de ses ventes au titre du second trimestre, en progression de 19,5 % par rapport à l'année 2019. La bourse a réagi favorablement, le titre s'adjugeait de 2,8 % à 58 euros au cours de la matinée, avant de redescendre bien que toujours supérieur à son cours d'ouverture (56,40 euros).

Le fabricant de parfums sous licence doit sa performance au dynamisme du marché de la parfumerie en Amérique du Nord où les ventes sont en croissance de 54 % par rapport au deuxième semestre de l'année 2019. L'Asie-Pacifique a aussi été porteuse, la Chine principalement mais aussi la Corée du Sud, l'Australie et Singapour. En Europe de l'Ouest, France comprise, la reprise est plus lente et le Vieux Continent fait les frais d'une base de comparaison défavorable lorsque l'on confronte les chiffres de vente à ceux de l'année 2019, étant donné le lancement de la ligne Montblanc Explorer il y a deux ans.

Dans l'ensemble de ces régions, le groupe a une fois de plus été tiré par les marques majeures de son portefeuille, Montblanc (69,4 millions d'euros de chiffre d'affaires), Jimmy Choo (60,1 millions d'euros) et Coach (52,3 millions d'euros). Il tire ainsi près de 70 % de son chiffre d’affaires des ventes de ses trois marques phares, et en particulier de ses derniers lancements tels que les lignes I Want Choo et Coach Dreams Sunset. Viennent ensuite Lanvin et Rochas qui compte pour plus de 15 % de ses revenus, puis Boucheron, Karl Lagerfeld, Van Cleef & Arpels, Kate Spade et quelques autres marques.

Compte tenu de sa performance, Interparfums a revu à la hausse ses objectifs pour l'exercice en cours, et vise désormais un niveau d'activité compris entre 460 et 480 millions d'euros pour l'ensemble de l'année. Le groupe estime en outre que sa marge opérationnelle devrait exceptionnellement dépasser 20 % au premier semestre étant donné la hausse des revenus - supérieure aux prévisions de début d'année - et la tenue du niveau des dépenses de marketing selon le budget établi en novembre 2020. Et les perspectives pour l'année suivante sont aussi prometteuses étant donné le lancement prévu au cours du premier trimestre 2022 de la première ligne de parfums Moncler, conformément à l'accord de licence signé au mois de juin 2020 avec la marque italienne pour une durée de cinq ans.

Les difficultés d'approvisionnement

À ce dynamisme exceptionnel du marché s'oppose un obstacle : les difficultés du groupe à se fournir en composants du fait du dérèglement des chaînes d'approvisionnement en conséquence de la pandémie. En effet, l'activité du fabricant de fragances de luxe repose essentiellement sur la bonne marche de l'importation de l'ensemble des composants de ses parfums (contenant, contenu et emballage) dont la fabrication est sous-traitée. Les parfums sont ensuite conditionnés dans la vallée de la Bresle en Normandie, aussi appelée Glass Vallée compte tenu de la forte concentration de l'industrie du flaconnage de luxe dans cette région. Ils sont enfin distribués à travers le monde, principalement par le biais d'agents, à l'exception de Singapour et des États-Unis où le groupe dispose de filiales.

Or, si depuis le début de la pandémie il y a maintenant un an et demi, la difficile obtention de plastique, capots en zamak, et cartons d'emballage ne s'était pas répertoriée sur ses résultats étant donné sa "politique stockeuse" selon l'analyse d'un porte-parole du groupe joint par Wansquare, le fabricant ne peut désormais plus compter sur ses stocks en partie écoulés. Un risque contre lequel le président et directeur général du groupe Philippe Benacin met en garde les actionnaires, "les tensions ou retards multiples d'approvisionnement de matières premières et de composants liés à la reprise, qui pourraient affecter la dynamique au second semestre 2021, nous incitent néanmoins à la prudence".

Interparfums met cependant tout en œuvre pour échapper à ces difficultés. Le groupe a ainsi décidé d'accepter l'ensemble des hausses de prix des composants imposés par ses fournisseurs avec lesquels il entretient de bonnes relations, estime son porte-parole. Autre stratégie poursuivie par la société dans ce contexte de pénurie, celle de répartir les produits finis de manière équitable selon les marques et les zones géographiques afin de conserver ses parts de marché et de ne pas perdre la confiance de ses agents.

 

 

 

 

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