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Suez / OPA / Veolia / premier semestre

Suez : le bilan flatteur de Bertrand Camus

L'entreprise Suez vit ses derniers mois avant la clôture de l'OPA qui signera la fin d'une ère. L'approche de la scission, inéluctable dans le cadre du rapprochement avec Veolia, et le contexte pandémique n'ont pas empêché le groupe d'être très performant au cours du premier semestre et d'atteindre plus tôt que ce qui avait été fixé son objectif d'endettement.
Bertrand Camus - Suez
Bertrand Camus - Suez

Bertrand Camus a fait coup double au cours des six premiers mois de l'année. D'une part en tant que directeur général de Suez, il a déployé une somme d'énergie afin que le rapprochement avec Veolia se passe dans les meilleures conditions pour les actionnaires et les salariés. D'autre part en tant que patron opérationnel de ce groupe, il s'est attaché à faire en sorte que le groupe de distribution d'eau et de gestion des déchets affiche des performantes excellentes.

Tous les indicateurs de Suez sont au vert. Son chiffre d'affaires semestriel, à 8,7 milliards d'euros, est en hausse de 11 % sur un an et de 5,7 % sur deux ans ; et son excédent brut d'exploitation (Ebitda), à 1,6 milliard d'euros, dépasse de 38,1 % celui de l'an passé, et de 11,2 % celui d'avant-crise (2019). Une croissance de son profit que le groupe doit à "la sélectivité de ses équipes, la productivité et la hausse du prix des matières premières" selon son directeur général adjoint et directeur financier Julian Waldron.

La hausse généralisée du cours des matières premières recyclées a en effet été porteuse pour le segment "Recyclage et valorisation" du groupe dont les marges reposent sur la revente de plastique, cartons d'emballage et métaux recyclés. Difficile de prédire les cours futurs de ces composants mais le contexte de dérèglement des circuits d'approvisionnement et de recherche par les entreprises de manière à se fournir localement - compte tenu des contraintes imposées par les gouvernements concernant la gestion des déchets - plaide pour une tendance haussière. Le groupe a aussi bénéficié de la hausse du prix de l'électricité dans un contexte de rallye haussier du cours du pétrole et du charbon.

Concernant les prochains mois, il existe "toujours une marge de progression" souligne Bertrand Camus car une partie de ses activités qui varie en fonction du tourisme, n'a pas encore retrouvé son niveau d'avant-crise. Suez bénéficiera par ailleurs de sa bonne dynamique commerciale des derniers mois, ayant remporté 1,8 milliard d'euros de nouveaux contrats. Il pourra enfin s'appuyer sur la solidité de sa situation financière, ayant déjà quasiment atteint son objectif (2,8) de ratio d'endettement pour 2022, sa dette nette valant au 30 juin de cette année 2,7 fois son Ebitda. Et ce grâce à la forte baisse de 8,6 milliards d'euros de son endettement compte tenu de sa "génération de trésorerie solide" d'une part, et de "l'impact des cessions pour plus d'un milliard d'euros" d'autre part.

 

Modalités de la scission

 

Tout cela dans un contexte d'offre publique d'achat qui a été longue, heurtée et douloureuse. L'avis de conformité de l'AMF ayant été obtenu la semaine dernière, "l'ouverture de l'offre est imminente" selon une annonce faite par Bertrand Camus lors d'une conférence de presse tenue la veille de la publication des résultats du groupe. La prochaine étape, et la plus décisive, sera la clôture de l'offre à la fin de l'année. Ce qui signifie qu'il reste cinq mois aux équipes pour régler les questions du respect des règles antitrust. Cela laisse aussi peu de temps à la Commission européenne pour continuer de mener son travail minutieux de collectes de données afin de déterminer si les règles de concurrence sont respectées. En définitive, "seule Bruxelles conditionne le calendrier de l'offre" selon Julian Waldron.

L'enjeu réside aussi dans la gestion humaine de l'opération selon Bertrand Camus. Ce dernier relève néanmoins que, hormis quelques exceptions (l'Australie et la Chine), la majorité des équipes de Suez ne seront pas découpées entre Veolia et le nouveau Suez qui émergera de cette scission, ce qui simplifie le pilotage des employés. Le plus gros défi est de décider du découpage des équipes de direction et de celles qui assurent les fonctions support du groupe, soit environ 1 200 personnes travaillant au siège. Il a été décidé qu'un tiers environ (400 personnes) des employés intégrera les équipes de Velolia et deux tiers (800 personnes) constitueront le nouveau Suez. Si la question de la personne qui prendra la direction de l'entreprise non cotée - qui sera détenue par les fonds Meridiam et GIP, ainsi que par la Caisse des Dépôts notamment au travers de sa filiale CNP Assurances - a été abordée lors de la conférence, aucune annonce n'a encore été faite à ce sujet.

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