Macro-économie / Taux / Balance des paiements / France / déficit extérieur
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Balance des paiements / France / déficit extérieur
La France a enregistré un déficit extérieur record en 2020
Il faut remonter au début du premier septennat de François Mitterrand pour constater un tel phénomène, Pierre Mauroy était Premier ministre et les réserves de change de la France fondaient comme neige au soleil pour y faire face. En 2020, la balance des transactions courantes de la France (ses échanges avec le reste du monde) a enregistré un déficit record en pourcentage du Produit intérieur brut (PIB) depuis 1982, selon les données publiées par la Banque de France ; il a atteint 43,7 milliards d’euros, soit 1,9 % du PIB, cela représente une hausse de plus de 500 % par rapport à 2019.
Plus de la moitié de la dégradation du solde trouve son origine dans les performances économies du pays des Lumières en matière d’échanges de biens et de services avec le reste du monde. Du côté des biens, le déficit s’est creusé de 13,3 milliards d’euros en large partie à cause des matériels de transport, avec notamment les difficultés rencontrées par l’aéronautique. Les services, eux, ont conservé leur excédent, mais il a chuté de plus de 30 % (il se situe à 16,4 milliards d’euros). En cause ? Une forte exposition de l’économie française au tourisme dans une crise qui a gravement affecté la mobilité internationale.
Le reste de la débâcle française s’explique par une autre composante de la balance des transactions courantes : la balance des revenus primaires. Cette dernière qui représente, entre autres, la différence entre les revenus des salariés français travaillant à l’étranger et les rémunérations des résidents étrangers travaillant en France (même logique pour les flux de dividendes et d’intérêts avec le reste du monde), a vu son excédent dégringoler d’environ 20 milliards d’euros à cause des revenus des investissements directs. "La quasi‑totalité de cette baisse est liée aux positions en capitaux propres", explique la Banque de France. Concrètement, "la chute des résultats des entreprises a entraîné à la fois celle des revenus perçus des filiales étrangères (– 42 %) et des revenus versés aux maisons mères non-résidentes (– 39%). Au total, l’effet négatif sur le solde est dû au fait que le stock de capitaux propres en avoirs (générant les revenus perçus) dépasse celui des engagements (générant les revenus versés)", analyse l’institut d’émission.
Conséquence de ce nouveau déficit extérieur, la France voit sa position extérieure nette (les actifs que la France détient à l’étranger ajustés des actifs détenus par le reste du monde en France) s’enfoncer encore plus en territoire négatif - la France est donc de plus en plus débitrice vis-à-vis du reste du monde. Elle atteint près de 700 milliards d’euros, soit 30,2 % du PIB, un niveau encore en deçà du seuil de 35 % défini par la procédure européenne de déséquilibre macroéconomique.
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