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France : malgré l’effondrement des prix de l’énergie, son déficit extérieur demeure élevé / Hausse des taux et fonte de l’excédent des services gâchent la fête
Les comptes extérieurs de la France affichent toujours une santé dégradée. Le déficit de la balance des transactions courantes (solde des échanges de biens, services et revenus avec le reste du monde) s’est élevé à 28,1 milliards d’euros en 2023, soit 1 point de Produit intérieur brut (PIB), après 31,1 milliards d’euros en 2022 (1,2 point de PIB), montrent les données publiées par la Banque de France.
Faiblesse historique de la France entre autres du fait de la désindustrialisation, la balance des biens a vu son déficit fondre en 2023 : il est passé de 132,8 milliards d’euros à 76,1 milliards d’euros. Dans le détail, c’est sans surprise, l’effondrement des prix du gaz naturel et du pétrole qui explique en très grande partie cette nette amélioration. Elle repose aussi sur un moindre déficit des échanges de certains produits industriels (en particulier les équipements mécaniques, électriques et informatiques).
Malheureusement, dans le même temps, la France a vu se réduire de 29,5 milliards d’euros son excédent dans le secteur des services. L’évolution la plus importante a concerné la réduction de 28 milliards d’euros du surplus des services de transport maritime. Concrètement, “la normalisation progressive du coût du fret maritime, dans le courant de l’année 2022, a pesé sur les recettes à l’exportation de transport maritime d’un opérateur international de grande envergure localisé sur le territoire français”, lit-on dans le rapport de la Banque de France, qui fait ici référence à CMA CGM.
Enfin, du côté des revenus primaires (ensemble des flux financiers correspondant à la rémunération des facteurs de production), l’Hexagone a payé son endettement net. En effet, l’excédent de cette composante de la balance des transactions courantes a chuté de deux tiers, à 12,5 milliards d’euros. Les revenus d’investissements en dividendes et bénéfices réinvestis sont proches de 50 milliards comme en 2022, en revanche, la hausse des taux d’intérêt creuse le déficit des revenus d’intérêts (augmentation de 22 milliards par rapport à 2022).
"La présence d’un déficit structurel des transactions courantes est une faiblesse singulière de la France parmi les grands pays de la zone euro : nous achetons plus que nous ne produisons, et ceci pèse sur notre croissance comme sur notre position extérieure nette", juge la Banque de France. En 2023, la position extérieure nette (actifs détenus par la France à l’étranger ajustés de ses dettes à l’égard du reste du monde), qui est notamment le reflet du cumul des déficits courants passés, était débitrice à hauteur de 792,9 milliards d’euros, soit 28,1 points de PIB. "C’est un point d’attention", a reconnu François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, à l’occasion d’une conférence de presse.
Dans le cadre de sa surveillance des déséquilibres macroéconomiques des Etats membres de l’Union européenne, la Commission européenne surveille de près cette variable : un niveau durablement supérieur à 35 points de PIB pourrait l’interpeller.
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