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TPE-PME / France
France : des TPE-PME gorgées d’ambition
En France, les TPE-PME sont pleines d’optimisme alors que nombre de mesures de restriction sanitaires ont été assouplies depuis la fin du printemps. Une enquête menée par Bpifrance auprès de 6 104 entreprises durant le mois de juin montre qu’en moyenne, les dirigeants de TPE-PME tablent sur un chiffre d’affaires en hausse de 2,8 % en 2021, après un net recul de leur chiffre d’affaires en 2020 (évalué à −13,2 % dans l’enquête de Bpifrance de novembre dernier). Le solde d’opinion relatif à l’évolution du chiffre d’affaires mi-2021 enregistre un rebond de 83 points sur un an et retrouve ainsi son niveau d’avant-crise. Pour Philippe Mutricy, directeur des études de Bpifrance, cette enquête montre que "les TPE-PME remontent la pente après avoir subi un choc d’ampleur inédit".
À horizon 2022, près de trois TPE-PME sur quatre devraient renouer avec leur niveau d’activité d’avant crise (parmi lesquelles 46 % l’auraient déjà retrouvé d’ici fin 2021), 10 % tablent sur un retour à la normale plus lointain et 16 % sont dans l’incertitude. Dans le détail, c'est dans l’industrie (solde d’opinion à +35, soit 11 points au-delà du niveau d’avant crise) que les perspectives d'activité sont les plus rassurantes. Les TPE-PME du secteur touristique, elles, plus fortement pénalisées par la crise pandémique, demeurent les moins optimistes et s’attendent de nouveau à un repli de leur chiffre d’affaires cette année (−11 % en moyenne) malgré une nette amélioration de l’indicateur d’activité (+74 points sur un an). Par ailleurs, les PME exportatrices et les PME innovantes se montrent plus optimistes quant à l’évolution de leur chiffre d’affaires en 2021 que leurs homologues non-exportatrices ou non-innovantes.
Fortes de ces perspectives d’activité, les TPE-PME ont révisé à la hausse leurs intentions d’embauche en 2021. Elles s’affichent en hausse de 32 points sur 1 an et regagnent ainsi leur niveau d’avant-crise. À noter que, 75 % des chefs d’entreprise déclarent rencontrer des difficultés de recrutement, dont 35 % des difficultés sévères. "Néanmoins, à ce stade, les difficultés reportées restent nettement moindres qu’avant crise pour tous les secteurs sauf dans le secteur de la construction", rapporte l’enquête. Dans son dernier point de conjoncture, l’Insee disait anticiper 321 000 créations nettes d’emplois en 2021, après 296 000 destructions nettes l’an passé.
Autre élément positif : l’investissement. Reprise oblige, 44 % des TPE PME déclarent avoir investi ou prévoient de le faire en 2021, une proportion en hausse de 3 points sur un an. De plus, l’indicateur relatif à l’évolution des montants investis se redresse sensiblement, de 30 points sur un an pour s’afficher à +4, soit son plus haut niveau depuis 2011, explique Bpifrance. Reste que des vents contraires sont toujours présents. De fait, la faiblesse de la demande, citée par 46 % des TPE-PME, constitue toujours le principal obstacle à l’investissement mais s’affiche en baisse de 15 points sur un an. D'autre part, si les contraintes de bilan telles que le niveau de fonds propres ou d'endettement restent globalement contenues malgré la crise, environ une TPE-PME sur dix craint que ses niveaux de fonds propres et d’endettement exercent une contrainte pour aborder le rebond de l'activité.
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