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Macro-économie / Taux / Bpifrance / hexagone / TPE / TPE-PME

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Les entrepreneurs français laissent passer l'orage / Habituées à faire le dos rond ces dernières années, les TPE-PME réduisent leurs intentions d'investissements

Interrogées dans le cadre d'un baromètre, réalisé par Bpifrance Le Lab et Rexecode, les TPE et PME françaises vont effectivement baisser un peu la voilure en termes d'investissements. Aujourd'hui ce n'est plus que 49 % des dirigeants qui ont investi ou vont le faire cette année, un indicateur qui baisse de 10 points en un an. Sur le front de l'énergie, 38 % des PME-TPE utilisant du gaz ne pourront pas diminuer leur consommation sans conséquence sur leur production.
Les TPE/PME françaises ne baissent pas les bras. Michel GAILLARD/REA
Les TPE/PME françaises ne baissent pas les bras. Michel GAILLARD/REA

"On voit que le tissu entrepreneurial français est résilient, c'est rassurant pour l'économie hexagonale". Philippe Mutricy, directeur de l'évaluation, des études et de la prospective chez Bpifrance, n'est pas inquiet de la baisse des intentions d'investissements des TPE et PME françaises. Ces dernières ont effectivement déjà l'expérience de la crise covid en termes de report des décisions d'investissements. Au sujet du dernier baromètre Bpifrance Le Lab - Rexecode, il confie en effet à WanSquare que "les remontées du terrain nous indiquent qu'il y aurait beaucoup de reports d'investissements et non pas des annulations".

Un constat rassurant qui n'empêche pas que Baptiste Thornary, Chief Eco de Bpifrance, nous confirme que "sur le dernier trimestre, l'investissement s'adapte au contexte". Désormais, le baromètre argue ainsi que "la part de ceux qui estiment que leurs dépenses d’investissement seront en hausse cette année (19 %) recule de 7 points et est désormais nettement inférieure à celle de ceux qui tablent sur une baisse (33 %, +4 points)". Avec néanmoins des surprises puisqu'alors que le secteur souffre de la conjoncture, on observe "que l’industrie se distingue, avec une hausse de la part des dirigeants investissant cette année". Philippe Mutricy renchérit, expliquant "qu'en creux tous les secteurs embauchent toujours ou gardent leurs salariés. On ne voit pas de choc de confiance"

 

Le virage écologique

 

L'envolée des prix de l'énergie n'y est pas étrangère, mais il faut constater que le motif environnemental est bien plus invoqué dans les décisions d'investissements, qu'avant la pandémie. Il est avancé à près de 39 % ce trimestre contre 24 % en moyenne sur la période 2018-2019. Baptiste Thornary nous rapporte "qu'il y a beaucoup de convictions personnelles derrière ces investissements environnementaux. Mais l'aiguillon des prix de l'énergie a quand même des conséquences". La conjoncture joue donc, mais il reste que pas moins de 65 % des décisions en la matière sont d'abord liées à la sensibilité des dirigeants.

 

Sa pierre à l'édifice

 

Période de sobriété énergétique oblige, le tissu entrepreneurial français apportera sa contribution aux économies d'énergie, mais tous ne pourront pas contribuer. Une grande partie des PME-TPE utilisant du gaz (38 %) "ne pensent pas pouvoir en réduire la consommation sans diminuer leur production. C’est 35 % pour celles utilisatrices de pétrole et 22 % pour les consommatrices d’électricité". Les équipes de la direction des études de Bpifrance, expliquent que "le gaz est beaucoup moins substituable" et que l'un des faits saillants des retours qu'ils ont reçu est "qu'un gros quart des TPE/PME interrogées ne sait tout simplement pas si elle peut réduire sa consommation d’énergie sans impacter sa production".

D'autant plus que ce n'est pas le seul écueil à éviter pour les dirigeants de TPE-PME, qui citent les difficultés de recrutement comme leur premier frein à leur croissance. Pour l'instant ils font preuve d'une remarquable résilience. Notamment, ils sont seulement 9 % à craindre de ne pas pouvoir rembourser leur PGE.

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