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Spac, M&A, fusions-acquisitions, Refinitiv

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Le M&A enchaîne les records

Le montant des transactions annoncées a atteint des records en août et sur huit mois. Le soufflé des Spac commence à retomber, tandis que les transactions transfrontalières confirment le retour de la course à la taille.
Financial District, New York
Financial District, New York

L’été aura été chaud sur le front des fusions-acquisitions. Selon les dernières statistiques de Refinitiv, le montant des transactions annoncées (donc non encore totalement conclues) à travers le monde a en effet atteint un record absolu pour un mois d’août : 501,3 milliards de dollars ont été recensés par la société de données de marché, soit une progression de 73% par rapport à l’année précédente, marquée il est vrai par la crise sanitaire plus pesante qu’aujourd’hui sur l’économie.

Ce chiffre fait suite à un mois de juillet déjà très vigoureux, puisque le marché y avait réalisé sa deuxième meilleure performance de l’histoire pour le septième mois de l’année (499 milliards de dollars). Etant donné qu’un record absolu avait été réalisé au premier semestre, la conséquence est sans surprise : le montant des opérations annoncées au cours des huit premiers mois du millésime 2021 atteint également un nouveau sommet. En l’occurrence, 3.887 milliards de dollars très exactement.

Etant donné que la correction boursière que d’aucuns attendaient pendant l’été n’a pas (encore) eu lieu et que les conditions macro-économiques sont inchangées (taux d’intérêt durablement faibles, reprise économique réelle même si elle est inégale et reste menacée par les variants du Covid-19, nécessité des entreprises de revoir en profondeur leurs portefeuilles d’activités, liquidités surabondantes des fonds de private equity…), une telle performance n’est pas une vraie surprise.

Plus intéressant est d’observer l’effondrement des Spac (Special purpose acquisition companies) en août, ces véhicules cotés en Bourse, sans réelle activité, dans le seul but de réaliser une acquisition dans un laps de temps donné. Ils avaient contribué à animer le marché des introductions en Bourse en 2020 et au premier trimestre 2021 aux Etats-Unis et (dans une bien moindre mesure) en Europe, avant que le soufflé ne retombe ; effet de décalage oblige, ils ont alimenté les acquisitions (qui ne peuvent être réalisées qu’une fois que le Spac est coté) fin 2020 et, principalement, au cours du premier semestre 2021.

En août dernier, révèlent les statistiques de Refinitiv, les "combinaisons de Spac" (c’est-à-dire le moment où le Spac fusionne avec la société qu’il vient d’acquérir, laquelle se retrouve cotée en Bourse) n’ont représenté que 27,2 milliards de dollars dans le monde. Si le montant montre tout de même une forte hausse sur un an (+142%), il s’effondre de 73% par rapport au mois précédent et il s’agit du total le plus faible depuis novembre 2020.

Cette inflexion marque-t-elle pour autant l’éclatement de ce que beaucoup considéraient comme une bulle ? Sans doute pas étant donné le nombre de Spac encore à la recherche de cibles. Mais elle montre aux investisseurs qu’entre lever de l’argent et réaliser une acquisition pertinente en deux ans, il y a loin de la coupe aux lèvres. "Je n’aime pas les Spac, je ne parie pas sur des courses de levriers et je ne joue pas au casino, assenait ainsi Alain Rauscher, co-fondateur du fonds d’infrastructures Antin IP à l’occasion de la présentation vendredi dernier son projet d’introduction en Bourse – confirmant avoir été approché par des Spac. Nous effectuons des due diligences approfondies au moment d’investir ". Une allusion au risque que pourraient prendre les Spac pressés par le temps (ils disposent d’un temps limité – deux ans en général – pour trouver une cible et mener leur acquisition-combinaison). Le poids des Spac reste toutefois encore important : ils représentent 13% du marché du M&A au cours des huit premiers mois de l’année (contre seulement 3% un an plus tôt).

À l’inverse, les transactions internationales ont bondi en août dernier. Elles ont atteint le montant mensuel record de 282,8 milliards de dollars (soit 35% de l’ensemble des opérations), ainsi qu’un record depuis le début de l’année, à 1.400 milliards. Signe que la course à la taille est repartie de plus belle, la crise sanitaire ayant rebattu les cartes et accéléré les tendances de fond qui secouent les secteurs.

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