Macro-économie / Taux / Amundi / Chine / USA
Macro-économie / Taux
Amundi / Chine / USA
Chine et États-Unis à la croisée des chemins
Le futur des économies à travers le monde est très fortement guidé d'une part par les décisions de la Chine d'opérer de lourds changements internes pour stabiliser sa société et d'autre part par le gouvernement Biden qui s'est engagé dans un plan de verdissement sans précédent de l'économie américaine. Voici ce qui ressort de la conférence trimestrielle de CPR Asset Management (filiale d'Amundi) qui a dévoilé son analyse des économies mondiales pour les mois et années à venir et leurs tendances. Pour l'occupant de la maison blanche il s'agit de s'engager dans une voie encore plus ambitieuse écologiquement que celle envisagée par Obama. Pour le président Chinois quant à lui, il s'agit plus de permettre à son régime de s'ancrer dans la durée en le rendant stable notamment via la réduction des inégalités.
Depuis sa prise de fonction, le président Biden s'est engagé dans une volonté de verdir l'économie qui l'a conduit à proposer deux plans portant pour l'un sur les infrastructures physiques pour un montant de 1 200 milliards de dollars dont 550 milliards de nouveaux financements sur 5 ans, ce qui correspond à un effort de 0,5 point de PIB par an. Et un second plan aux visées plus larges qui serait le plus important depuis un demi-siècle ; on parle de près de 3 550 milliards de dollars sur dix ans. Ce qui correspond à 1,5 point de PIB par an pendant la décennie à venir. Néanmoins les luttes partisanes outre-Atlantique contrarient les projets du président Biden. Les crédits qu'il comptait allouer aux infrastructures étaient de 2 000 milliards dans leur mouture initiale. Et quand bien même les démocrates parvenaient à faire voter leur projet en l'état, le pays à la bannière étoilée voit le spectre d'un non-accord, pour le relèvement du plafond de la dette, menacer de paralyser plusieurs agences fédérales et le pays. L'occupant du bureau ovale a une ambition très forte pour son pays : viser la neutralité carbone pour 2050, baisser de plus de 50 % les émissions de gaz à effets de serre, etc. Cependant si le président Biden est encore plus ambitieux qu’Obama avant lui, il se heurte toujours aux mêmes problématiques partisanes.
De l'autre côté du Pacifique, la République Populaire de Chine a surpris son monde en annonçant en début d'année viser une croissance annuelle de 6 % alors même que cela correspondait à ses acquis de croissance pour l'année 2021. Il faut croire que le temps est passé pour la recherche frénétique de la quantité à tout prix et ce quoi qu'il en coûte. Le régime a procédé à une très forte régulation de son marché intérieur afin d'assurer une stabilité sur le long terme. Certes à court terme les investisseurs hésitent désormais à venir en Chine mais l'empire du Milieu a bien besoin de réduire ses inégalités structurelles pour éviter qu'une forte contestation sociale se mette en place. Cette révolution profonde du pays va probablement donner un poids encore plus important au marché intérieur chinois. Après la fin de la politique de l'enfant unique, Xi Jinping espère donner un accès à l'éducation, à la santé ou encore au logement qui permettent aux foyers chinois d'élever les futures générations. L'objectif est d'ancrer le modèle chinois dans la durée, afin que - pour reprendre une phrase prononcée ce jeudi - : "le régime chinois a fêté ses cent ans récemment, et ce n'est pas probablement pas son dernier anniversaire".
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