Politique monétaire / Joseph E. Stiglitz / Inflation / USA
Politique monétaire
Joseph E. Stiglitz / Inflation / USA
Pour Joseph Stiglitz, une inflation haussière n'est pas dramatique
Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie 2001 et président du Council of Economic Advisers sous Bill Clinton de 1995 à 1997 clame que le risque inflationniste est une position politique orchestrée par le camp libéral pour critiquer la politique de relance de l’administration Biden.
L’économiste fervent soutien des démocrates s’inscrit dans le mouvement des néokeynésiens. À l’instar de Joe Biden, Joseph Stiglitz estime qu’il vaut mieux en faire trop que pas assez et par conséquent injecter plus d’argent que nécessaire pour être certain de stimuler suffisamment l’économie américaine. Les inquiétudes sont "prématurées, compte tenu de l’incertitude profonde à laquelle nous demeurons confrontés". Selon lui, l’actuelle pression inflationniste résulte de goulets d’étranglements à court terme de l’offre comme pour la fabrication de voitures ou de semi-conducteurs. Ces pressions ne sont pas synonymes d’un manque de ressources, étant donné "l’excédent de capacité mondiale".
De façon plus modérée, Lawrence Summers et Olivier Blanchard, deux économistes de renommée mondiale, eux aussi néokeynésiens, jugent que l’action politique est nécessaire pour sortir l’économie de la crise mais elle doit être mesurée et proportionnée aux risques engendrés. Malgré ces réserves, la Fed et le marché ont bien réagi à la publication récente de l’inflation américaine (5 %). Le risque d’emballement inflationniste fait dorénavant moins peur par rapport au début de l’année. L’ancien président du Council of Economic Advisers fait confiance aux banques centrales car la mesure du risque inflationniste fait partie de leur "ADN".
Au lieu d’être terrifié par l’inflation haussière, Joseph Stiglitz avance qu'il est préférable de se concentrer sur l’évolution de la demande globale lorsque les aides financières de l’État à destination des ménages arriveront à leur terme, à la fin de l’automne prochain. D’une part, les ménages endettés par la crise vont naturellement moins consommer. D’autre part, ceux plus aisés, qui ont réussi à épargner vont sans doute l’investir ou le consommer lentement comme une épargne ordinaire. La demande va alors probablement décroître.
Même si l’inflation devait décoller, le prix Nobel d'économie assure que la situation ne serait pas défavorable. Les institutions monétaires pourraient augmenter les taux directeurs. Cette hausse serait même bénéfique puisque les faibles taux d’intérêt en l’état depuis une dizaine d’années "déforment les marchés de capitaux en incitant à une quête de rendements conduisant à des primes de risque excessivement basses". Pour sa part, le gouvernement pourrait progressivement relever le niveau des taxes, permettant une plus grande accumulation de recettes fiscales. Les investissements publics seront alors amplifiés et le PIB sera ainsi dopé.
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