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dette; refinancement; investisseurs institutionnels; IDE

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Le fardeau de la dette pèse sur l'Afrique

Le poids de la charge de la dette occupe une part très importante des besoins de financement de nombreux pays africains, au point d'interroger sur leur équilibre financier à court et long terme.
Habitant d'Harare comptant ses billets, Jekesai NJIKIZANA / AFP
Habitant d'Harare comptant ses billets, Jekesai NJIKIZANA / AFP

Les besoins de financements des pays africains sont alourdis par la charge de la dette qui pèse sur eux. C'est le constat qui est fait par les analystes de l’Agence française de développement (AFD). Ils chiffrent le coût de la dette à près de 40 % du besoin de financement global du continent, ce dernier étant équivalent à 6,8 % du PIB moyen pour le continent. La pandémie de covid n'affecte pas directement ce besoin de financement ; elle a entraîné des dépenses onéreuses mais la maturité des prêts engendrés permet qu'ils ne se traduisent pas immédiatement en besoins de financement. C'est plutôt la capacité à trouver des financements à l'extérieur qui est remise en cause puisqu’avec la pandémie les investissements directs étrangers (IDE) se sont taris, des sorties de capitaux ont été effectuées et les conditions sont de plus en plus restrictives pour se financer sur les marchés internationaux obligataires.

Le recours à de tels marchés était déjà uniquement réservé à un nombre restreint de pays (vingt et un ces dernières années), ce qui indique à quel point la capacité à mobiliser des financements était déjà précaire sur le continent. Le continent concentre ainsi seulement 4 % des IDE à travers le monde et de surcroît leur répartition est très inégale à travers le continent : l’Égypte et l’Afrique du Sud concentrant chacun un quart de ces investissements. Ce qui laisse planer un doute quant à la capacité de la majorité des pays à se financer ou à refinancer les dettes arrivant à échéance. De plus même lorsque le recours à ces marchés obligataires est possible, il demeure extrêmement coûteux, en témoigne les chiffres de l’AFD qui parlent d’un coupon de plus de 7,5 % pour les coupons à maturité de dix à quinze ans émises entre 2018 et 2020. Et des états n’arrivent pas à attirer la confiance des investisseurs comme la Tunisie qui doit piocher dans ses réserves concernant des émissions d’obligations d’une valeur d’un milliard de dollars qui sont arrivés à maturité cet été. Comme bien d’autre pays du continent, Tunis est désormais dans l’attente de financements par les instances internationales : ces dernières ont ainsi via le FMI fourni récemment plus de 28,8 milliards de dollars d’assistance financière à l’Afrique. Cette dernière a reçu environ 2 tiers des financements décaissés par l’instance dirigée par Kristalina Georgieva, dans le cadre la pandémie.

Au-delà des difficultés actuelles à faire face aux exigences à court terme, l’AFD alerte sur l’incertitude qui accompagnera le moment où les pays africains devront refinancer les émissions obligatoires arrivées à maturité. En effet il n’y aura alors aucun moyen de faire autre chose que de subir les conditions de marché du moment. Ce qui peut contribuer à alourdir la charge de la dette qui pèse sur le continent. Poids qui pourrait devenir très lourd lorsqu’on sait que ce sont près notamment près 35 milliards de dollars d’eurobonds qui vont arriver à maturité entre 2021 et 2025. Une légère lueur d'espoir pointe néanmoins pour les pays pétroliers qui pourraient bénéficier d'une hausse des cours pour voir leurs finances s'améliorer.

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