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Macro-économie / Taux / Afrique / croissance

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Afrique / croissance

L’Afrique se relève

Après avoir enregistré sa pire récession depuis plus d’un demi-siècle en 2020, l’économie africaine devrait croître de 3,4 % cette année, selon la Banque africaine de développement.
Infrastructures - Afrique
Infrastructures - Afrique

Si pour plusieurs raisons le continent africain a été moins touché que nombre de zones du monde par la pandémie de la Covid-19, il a tout de même été significativement affecté économiquement. Le Produit intérieur brut (PIB) de l’Afrique (54 économies le composent) a baissé de 2,1 % en 2020, précise la Banque africaine de développement (BAD) dans ses dernières perspectives économiques, soit la pire récession depuis plus d’un demi-siècle. En conséquence de quoi, trente millions de personnes ont basculé dans l’extrême pauvreté l'an dernier en Afrique.

Les économies africaines devraient renouer avec la croissance cette année et croître de 3,4 % en moyenne, estime l’organisation basée à Abidjan. Cette moyenne cache cependant d’importantes disparités au sein du continent en fonction de leur spécialisation. En effet, les économies dépendantes du tourisme devraient se remettre d’une baisse de 11,5 % du PIB en 2020 pour atteindre une croissance de 6,2 % en 2021. La croissance des pays exportateurs de pétrole, elle, devrait passer de – 1,5 % à 3,1 %, tandis que les autres économies à forte intensité en ressources remonteraient d’une baisse de – 4,7 % à une croissance de 3,1 %. Quant aux économies à faible intensité en ressources, leur production qui s’est contractée de 0,9 % en 2020 devrait connaître une croissance de 4,1 % en 2021.

Attention, la BAD avance que la reprise attendue ne suffira pas à écarter le risque d'une aggravation de la pauvreté sur le continent. De fait, elle prévoit qu' "à défaut d'un soutien approprié, environ 39 millions d'Africains pourraient tomber dans l'extrême pauvreté en 2021, avec des effets disproportionnés pour les femmes". Dans le détail, les individus les plus touchés sont sans surprise ceux "ayant de faibles niveaux d'éducation, disposant de peu d'actifs et travaillant dans le secteur informel", avance la BAD. Concrètement selon les estimations de l’organisation africaine, il faudrait environ 4,5 milliards de dollars en 2021, soit une moyenne d’environ 90,7 millions de dollars par pays pour ramener ces nouveaux pauvres au seuil de pauvreté de 1,90 dollar par jour.

Bien qu'à des ampleurs moindres que les économies avancées, les gouvernements africains ont mobilisé la politique budgétaire pour faire face à cette crise. Au total, ils ont annoncé des mesures de relance budgétaire dont le coût varie de 0,02 % du PIB au Soudan du Sud à 10,4 % du PIB en Afrique du Sud. Cela va entraîner une dégradation de la soutenabilité des finances publiques ; la BAD estime que "le ratio moyen dette/PIB de l'Afrique devrait augmenter de 10 à 15 points de pourcentage à court et moyen terme". Toujours est-il que, "l'Afrique a besoin d'un soutien financier beaucoup plus important et les créanciers du secteur privé doivent faire partie de la solution", rappelle l'institution. Un soutien supplémentaire que cette dernière estime à 154 milliards de dollars.

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