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Vivendi / umg / universal music group / Bourse
Vivendi réussit son pari
Le succès promis à la cotation d’Universal Music Group (UMG) par la distribution de 59,87% de son capital aux actionnaires de Vivendi s’est réalisé. Alors que Vivendi, sa maison mère, avait fixé un prix de référence unitaire à 18,50 euros, soit une capitalisation totale de 33,4 milliards d’euros, l’action UMG a ouvert à 25,25 euros. Elle a poursuivi son envolée, atteignant 25,4 euros après quelques minutes de cotation (soit une hausse supérieure à 37%), pour se maintenir au-delà des 25 euros en cours de la matinée.
Compte tenu de ce succès, le groupe de médias et de divertissement français a confirmé la parité de distribution en nature d’une action UMG par action Vivendi. Il détient encore, comme prévu, 10,13% du capital d’UMG à l’issue de l’opération, sachant que le groupe chinois Tencent détient déjà 20% du capital du label et que le fonds américain Pershing Square est monté – de manière amicale – à hauteur de 10% pendant l’été.
Les actionnaires de Vivendi peuvent se frotter les mains de cette distribution, au premier rang desquels le Groupe Bolloré, principal actionnaire du groupe à hauteur de 26% du capital (et désormais 18% d’UMG).
Car si l’opération conduit Vivendi à se départir de son actif principal, ce qui a fait chuter son action de plus de 20% à l’ouverture (à 10,35 euros), elle se révèle pour l'instant un succès, y compris pour lui. D’abord parce qu’il profite directement de l’envolée d’UMG en Bourse : sa participation résiduelle dans UMG représente 4,5 milliards d’euros si l’on prend en compte le cours d’ouverture. Et elle pourrait encore grimper : certains analystes – comme ceux de Bank of America – valorisent UMG autour de 50 milliards d’euros.
Mais surtout, d’un point de vue arithmétique, les dirigeants de Vivendi ont – en tout cas pour l’instant – atteint l’un des objectifs qu’ils s’étaient fixés : réduire la décote de holding du groupe. Lundi à la clôture, Vivendi cotait 31,53 euros. Retraitée du cours théorique d’UMG de 18,50 euros, l’action du "nouveau Vivendi" (sans le label musical) ressortait à 13,03 euros. Malgré la chute de celle-ci, le prix à l’ouverture (10,35 euros) additionné au cours d’UMG à l’ouverture (25,25) était déjà supérieur au cours de clôture de "l’ancien" Vivendi hier (35,60 contre 31,53 euros). D’autant plus que le titre s’est repris – il est repassé au-dessus de la barre des 11 euros peu après l’ouverture. Une chute prononcée de Vivendi était quoiqu'il en soit anticipée, puisque certains investisseurs ne sont entrés au capital de Vivendi qu'en raison d'UMG, tandis que les acheteurs manquaient, ne connaissant pas suffisamment bien les chiffres et les perspectives du nouveau Vivendi.
Depuis que le groupe français a fait part de ses intentions, on promettait le meilleur à UMG, qualifié de "perle" ou de "joyau" du groupe de média français. Les prévisions communiquées par Lucian Grainge, le directeur général du label, à l’occasion d’une journée investisseur le 25 août dernier (une croissance annuelle de 10% des revenus au cours des trois prochaines années, une marge d’Ebitda à 25% à moyen terme, la détention de 65% des droits dans la musique diffusée en streaming à travers le monde), ont conforté ce sentiment.
De son côté, Vivendi repart en quête de croissance dans l’édition et les médias : il a annoncé la semaine dernière un projet d’OPA sur Lagardère, tandis que sa filiale Canal+ a pris hier le contrôle de SPI International, un groupe exploitant 42 chaînes de télévision.
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