Entreprises / Actions / ESG / activisme / Lazard
Entreprises / Actions
ESG / activisme / Lazard
L'ESG : la nouvelle épée de Damoclès des activistes
Le virage pris vers les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) commence à être de plus en plus scruté tant par les autorités que par les activistes. Chacun ayant un intérêt à regarder quels sont les acteurs financiers qui ne jouent pas le jeu sur ce sujet. Il s’agit pour l’un d’éviter un nouveau scandale à la DWS, cette filiale de Deutsche Bank sur laquelle la SEC a ouvert une enquête pour une potentielle surévaluation de ses encours ESG. Pour l’autre, il est particulièrement intéressant et profitable d’arriver à déceler ces discours de façade et de prendre position ensuite. C’est dans ce paysage que Lazard, dans son rapport sur l’activisme au troisième trimestre 2021, fait de l'ESG l'un des "principaux thèmes du trimestre".
Selon la banque d'affaires, ce sont les attentes autour des négociations de la COP26 qui ont rythmé le 3e trimestre et ont conduit de nombreuses entreprises à prendre des engagements vers le "zéro carbone" . Un thème qui fait également partie de ceux de l'année au regard de la hausse continue des actifs sous gestion par les fonds d'actions à mandat ESG. Aux États-Unis ces derniers sont passés de 333 milliards de dollars en 2020 à 428 milliards de dollars en août 2021.
Lazard prend comme exemple le surprenant tour de force qu’a réussi le fonds activiste Engine NO. 1, qui a réussi avec seulement 0,02 % du capital d’ExxonMobil à imposer 3 administrateurs au conseil d’administration. Le succès des activistes face à la compagnie pétrolière américaine est dû en partie à la sensibilité accrue des trois plus grandes sociétés de gestion mondiale, BlackRock, Vanguard et State Street (le "Big 3"), qui soutiennent de plus en plus de résolutions liées aux critères ESG.
Au premier semestre 2021, près de 64 % des propositions liées à l’environnement ont été soutenues par BlackRock et 47 % des propositions ESG dans leur ensemble. Pour sa part, Vanguard a soutenu 37 % des propositions en lien avec l’environnement. De son côté, State Street a voté contre a minima une partie du conseil d’administration de 43 sociétés du S&P500 pour des questions de non-divulgation d’éléments permettant de juger la diversité du conseil d’administration. Aujourd'hui, les activistes discutent désormais avec la compagnie pétrolière Chevron de la politique de réduction d'émission du groupe et soutiennent également le virage pris par le constructeur automobile General Motors vers l'augmentation de la production de véhicules électrique.
La sensibilité de plus en plus forte aux thématiques ESG tant pour les activistes, que pour les gestionnaires et les autorités continuera à faire son chemin au sein des conseils d'administration des entreprises cotées. L’ESG devrait continuer à faire progressivement mais irrégulièrement son chemin pendant "deux à trois années, avant d’aboutir en Europe à un cadre ESG véritablement normalisé et sur lequel s’appuyer en toute confiance", comme l'évoquait récemment par Robert Ophèle, président de l’Autorité des marchés financiers.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

