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Macro-économie / Taux / Agence France Trésor / émissions de dette

Macro-économie / Taux
Agence France Trésor / émissions de dette

L’Agence France Trésor aborde 2022 sereinement malgré les risques

Si les émissions nettes d’obligations souveraines françaises vont diminuer de plus de 15% l’an prochain, 2022 sera aussi synonyme de normalisation de la politique monétaire et d’élections présidentielles. Pour autant, l’organisme chargé de gérer la dette et la trésorerie de l’Etat n’apparaît pas particulièrement inquiet quant à d’éventuelles fortes tensions sur les taux d’intérêt.
Agence France Trésor - Eric PIERMONT / AFP
Agence France Trésor - Eric PIERMONT / AFP

Fin du "quoi qu’il en coûte" oblige, le besoin de financement de l’Etat va baisser significativement en 2022. Il atteindra 298,9 milliards d’euros après 321 milliards d’euros cette année, d’après le programme de financement que vient de présenter l’Agence France Trésor (AFT), organisme chargé de placer la dette de l’Etat. Dans le détail, le déficit à financer est en baisse de 50 milliards d’euros et il s’établit à 155,1 milliards d’euros, d’après la dernière version du projet de loi de finances 2022 - il intègre les mesures liées au plan France 2030 ou encore le chèque inflation. A l’inverse, la dette à moyen et long terme arrivant à échéance et qu’il faudra rembourser en réempruntant augmente de 22,1% pour s’afficher à 144,4 milliards d’euros. 

En regard de ces besoins, l’AFT maintiendra stables ses émissions de dette à moyen et long termes nettes des rachats (260 milliards d’euros) et tirera sur la trésorerie à hauteur de 37 milliards d’euros (variation des disponibilités du Trésor et autres ressources de trésorerie). En conséquence de quoi, les émissions nettes des rachats et des titres arrivant à échéance à court, moyen et long termes (hors suppléments d'indexation versés à l'échéance) vont baisser de plus de 15% l’année prochaine (119,2 milliards d’euros).

La progression moins rapide qu’en 2021 de la dette négociable de l'Etat français apparaît bienvenue dans un contexte où 2022 devrait voir la Banque centrale européenne (BCE) resserrer quelque peu sa politique monétaire au travers de l’extinction de son programme d’achats d’urgence pandémique fin mars – seuls les achats nets de titres cesseraient, les réinvestissements des tombées continueraient. Dans un tel scénario, que la BCE devrait confirmer ou non le 16 décembre, les achats nets de titres publics français (dont notamment d’obligations d’Etat) que mène la Banque de France sur le marché secondaire vont se réduire.

Un phénomène qui n’inquiète guère Cyril Rousseau, directeur général de l’AFT, qui se rappelle avoir vécu pareille expérience entre 2017 et 2019 lorsque l’institution de Francfort avait progressivement diminué ses achats nets de titres. "Le rapport entre nos émissions nettes et les achats nets que devrait conduire la BCE l’an prochain apparaît plus favorable que celui qui prévalait lors de la dernière phase de resserrement monétaire", explique Cyril Rousseau. Par ailleurs, l’année 2022 sera marquée par le risque politique compte tenu des élections présidentielles. Reste que, ce ne sera peut-être pas la préoccupation première des marchés. "Si les spreads s’étaient légèrement écartés au printemps à l’orée des élections régionales, ils se sont stabilisés depuis, ce qui tendrait à montrer que ce n’est pas un sujet majeur à ce stade pour les investisseurs. La question du caractère transitoire de l’inflation élevée enregistrée en Europe et aux Etats-Unis semble davantage être l’objet de leur attention", juge Cyril Rousseau.

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