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Macro-économie / Taux / Agence France Trésor / émissions de dette

Macro-économie / Taux
Agence France Trésor / émissions de dette

Malgré une baisse du déficit à financer, la France sera encore plus active sur les marchés en 2024 / Le poids de l’amortissement de la dette à moyen et long termes se fait sentir

L’Agence France Trésor prévoit des émissions de dette à moyen et long termes nettes des rachats de 285 milliards d’euros en 2024, soit une hausse de 15 milliards d’euros par rapport à cette année.
Ministère de l'Economie et des Finances - Magali Cohen / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Ministère de l'Economie et des Finances - Magali Cohen / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Une fois n’est pas coutume, les émissions de dette de l’État et ses besoins de financement varient en sens contraire. L’Agence France Trésor, organisme chargé de placer la dette et gérer la trésorerie de l’État, prévoit des émissions nettes des rachats à moyen et long termes de 285 milliards d’euros en 2024. Cela représente une hausse de 15 milliards d’euros par rapport à cette année.

Dans le même temps, au sein du projet de loi de finances 2024 (PLF 2024), présenté ce matin par Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, on peut lire que l’exécutif attend un déficit budgétaire de 144,5 milliards d’euros. Il s’agit d’un recul de 27,6 milliards d’euros par rapport à celui qui devrait être constaté cette année.

Pour autant, le besoin de financement de l’État ne va diminuer que de 10,6 milliards d’euros l’an prochain pour s’établir à 299,7 milliards d’euros. En effet, en parallèle, l’État continue de voir une partie de la masse importante d’emprunts qu’il a contractée au moment du Covid-19 (entre autres) devoir être refinancée. L’Agence France Trésor parle de 160,2 milliards d’euros d’amortissement de dette à moyen et long termes venant à échéance en 2024 (dont 4,7 milliards d’euros de suppléments d’indexation versés à l’échéance liés aux obligations indexées sur l’inflation), soit une augmentation de 10,6 milliards d’euros par rapport à̀ 2023.

Contrairement aux années précédentes, le Trésor ne tirera pas sur son compte à la Banque de France pour faire face à ses obligations financières (alors qu'il avait mobilisé 27,6 milliards d’euros en 2023 et 35,2 milliards d’euros en 2022), ce qui explique pourquoi il recourt davantage à des émissions à moyen et long termes. Pour couvrir son besoin de financement, l’État va également s’endetter à court terme. Son stock de titres de courte maturité va croître de 7,7 milliards d’euros l’an prochain.

Rappelons que 2023 a vu le coût de la dette sévèrement se renchérir pour l’État, sous l’effet de la normalisation puis du durcissement de la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE). Le taux moyen pondéré des émissions à moyen et long termes s’affiche à 2,95 %, contre 1,43 % l’an passé, -0,05 % en 2021 et des moyennes de 1,26 % sur la période 2009-2020 et de 4,15 % sur la période 1998-2008. D'après le projet de loi de programmation des finances publiques 2023-2027, la charge de la dette de l’État pèsera 74,4 milliards d'euros en 2027, contre 48,1 milliards d'euros en 2024.

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