Macro-économie / Taux / Swiss Re / réassurance / Ida / Assureurs
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Swiss Re / réassurance / Ida / Assureurs
Les catastrophes naturelles sont toujours plus coûteuses
Alors que la COP 26 s’est inquiétée cette année de changements climatiques à venir, force est de constater que les évènements climatiques sont déjà coûteux pour l’économie. Swiss Re vient de révéler que l’année en cours devrait être la quatrième année la plus coûteuse - depuis 1970 - en termes de pertes mondiales assurées, avec un total de 105 milliards de dollars de coûts.
Le plus inquiétant est que la croissance des pertes mondiales liées aux catastrophes naturelles devrait être plus rapide que celle du PIB lors des années à venir. Une tendance qui se confirme avec les années puisque le réassureur suisse constate désormais une "tendance à une augmentation annuelle de 5 à 6 % des pertes […] au cours des dernières décennies" pour les assureurs. Pour la contrer, Jérôme Jean Haegeli - chef économiste de Swiss Re - estime qu’il va être nécessaire de procéder à de lourds investissements afin d’atténuer l’impact des conditions climatiques extrêmes. Il est ainsi nécessaire à ses yeux d’accélérer les investissements dans les infrastructures et il donne un cap pour les États-Unis où afin de palier au "déficit d'investissement dans les infrastructures", il est nécessaire d’investir "500 milliards de dollars en moyenne par an jusqu'en 2040".
Des sommes qu'il faut débourser pour se prémunir contre des évènements majeurs de plus en plus récurrents tels que l’ouragan Ida cette année. Des évènements très coûteux puisqu’Ida a engendré des coûts de 32 milliards de coûts assurés, tandis que les pertes assurées de la tempête de Neige Uri sont estimés à 15 milliards de dollars. En Europe, derrière les pertes de 13 milliards de dollars due aux inondations se cache une perte économique de 40 milliards de dollars. Des investissements d'autant plus nécessaires que parfois les catastrophes s’accompagnent d'un déficit d’assurance, comme l'indique Swiss Re, qui voit dans l'exemple des inondations européennes un "déficit de protection contre les inondations encore très important en Europe". À cela s’ajoute l’impact de la pandémie, qui allonge le "cycle de vie des sinistres, en particulier pour les événements de grande ampleur". Ce qui a pour conséquence d’allonger également la durée nécessaire pour évaluer les dégâts liés à ces catastrophes.
Si les pertes assurées et les pertes économiques sont en hausse, ces dernières ont augmenté de 20 % l’an passé contre une hausse de 13 % pour celles des assureurs. Les catastrophes naturelles sont ainsi passées de 215 milliards de dollars de dégâts économiques en 2020, à 259 milliards de dollars en 2021. Dans le même temps, les coûts pour le monde de l’assurance ont dépassé les 99 milliards de dollars enregistrés en 2020 pour s’établir à 112 milliards de dollars. Des chiffres notamment dus à ce qui, aux yeux de Martin Bertogg, le directeur de la branche dédiée aux catastrophes naturelles de Swiss Re, est "devenu la norme qu'au moins un événement de péril secondaire, tel qu'une inondation grave, une tempête d'hiver ou un incendie de forêt, entraîne chaque année des pertes supérieures à 10 milliards de dollars". Les chiffres de cette année et l’impact de l’ouragan Ida dans ces derniers constituent également pour le réassureur suisse "un rappel brutal de la menace et du potentiel de perte des risques de pointe." Puisque un unique évènement de cette ampleur peut expliquer à lui seul une partie des pertes annuelles.
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