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Assurances / catastrophes naturelles / Assureurs / Swiss Re

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catastrophes naturelles / Assureurs / Swiss Re

La facture des catastrophes naturelles pour les assureurs grossit encore / Une tendance tirée par le réchauffement climatique, mais pas seulement

Les catastrophes naturelles ont causé des dégâts d’un montant de 120 milliards de dollars au premier semestre, coûtant 50 milliards de dollars aux assureurs, d’après les estimations préliminaires de Swiss Re. Des montants présageant d’une année 2023 record et qui posent la question de l’adaptation au climat.
Inondation en Italie en mai 2023 - Photo by Alessandro Bremec / NurPhoto / NurPhoto via AFP
Inondation en Italie en mai 2023 - Photo by Alessandro Bremec / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Une légère baisse qui ne doit pas faire illusion. Les pertes économiques mondiales dues aux catastrophes naturelles se sont élevées à 120 milliards de dollars (132,2 milliards d’euros) au premier semestre 2023, selon les premières données estimées du réassureur Swiss Re. C’est un peu moins que les 123 milliards de dollars des six premiers mois de 2022 mais il ne faut accorder aucune signification à ce recul alors que l’an dernier à la même époque, le Swiss Re Institute évaluait les pertes économiques liées aux catastrophes naturelles à 91 milliards de dollars en premier estimation, chiffre par la suite largement revu à la hausse.

La même prudence sur les chiffres s’impose s’agissant des pertes assurées, sachant qu’une très grande part de toutes les catastrophes naturelles ne le sont pas. Leur coût pour les assureurs a atteint 50 milliards de dollars au premier semestre de cette année en première estimation, montant supérieur aux 48 milliards de dollars des six premiers mois 2022, et qui constitue le deuxième niveau le plus élevé depuis 2011. Là encore, il y a de la marge pour une révision à la hausse, alors que la facture du premier semestre 2022 pour les assureurs avait été initialement estimée à 35 milliards de dollars.

 

Catastrophes "secondaires"

 

Ce qui est sûr, c’est que la tendance est clairement haussière : les 120 milliards de dollars de pertes économiques estimées et leur coût estimé pour les assureurs de 50 milliards de dollars représentent des bonds de 46 % et 54 % respectivement par rapport aux montants observés en moyenne sur la même période depuis dix ans.

En cause, notamment, la croissance continue des catastrophes dites secondaires, par opposition aux grandes catastrophes comme les tremblements de terre ou les cyclones tropicaux. Cette hausse des sinistres moyens est "tirée par un réchauffement climatique mais plus encore, par une croissance rapide des valeurs économiques dans les zones urbanisées, à l’échelle mondiale", explique Martin Bertogg, responsable des risques catastrophiques chez Swiss Re.

En particulier, les orages violents – associés à des impacts de foudre, de fortes pluies, de la grêle et des vents violents - ont causé pour 35 milliards de dollars de dégâts au premier semestre, essentiellement aux Etats-Unis, soit près de 70 % de pertes assurées dans le monde entier, un montant presque deux fois plus élevé en six mois que la moyenne annuelle des dix dernières années (18,4 milliards de dollars).

 

Changement climatique

 

La Nouvelle-Zélande a été frappée par deux événements météorologiques violents dans le nord de l’île au début de 2023, de graves inondations à Auckland puis le cyclone Gabrielle : deux sinistres au coût estimé de 2,3 milliards d’euros. En Italie, les fortes pluies qui se sont abattues mi-mai dans la région d’Émilie-Romagne ont entraîné de vastes inondations coûtant plus de 600 millions de dollars aux assureurs, pour des pertes économiques estimées à 10 milliards de dollars.

"Les effets du changement climatique sont déjà perceptibles dans certains périls comme les vagues de chaleur, les sécheresses, les inondations et les précipitations extrêmes", observe de son côté Jérôme Jean Haegeli, économiste en chef du groupe Swiss Re. Celui-ci pointe les risques liés à l’expansion des zones urbaines, notamment dans les zones côtières ou près de rivières, plus exposées aux risques environnementaux. "Il est grand temps d’investir dans davantage d’adaptation au climat", souligne-t-il. Des mesures de protection doivent être prises afin de pouvoir continuer à proposer des produits d’assurance économiques contre ces grands risques, même si la croissance continue du marché des obligations catastrophes ou "cat bonds" semble en partie répondre à ce défi.

La catastrophe la plus coûteuse en termes de pertes économiques et assurées au premier semestre a été le tremblement de terre en Turquie et en Syrie. Swiss Re estime les pertes assurées à 5,3 milliards de dollars, tandis que les pertes économiques ont été évaluées de façon préliminaire à 34 milliards de dollars par la Banque mondiale.

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