Professions financières / Scor / réassurance / catastrophes naturelles / rachat d'actions
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Scor / réassurance / catastrophes naturelles / rachat d'actions
Scor amortit les catastrophes naturelles
Scor a su séduire ses actionnaires, malgré un troisième trimestre marqué par le coût des catastrophes naturelles, qui ont fait tomber ses comptes dans le rouge.
Le réassureur français a annoncé ce matin un programme de rachat d’actions de 200 millions d’euros, représentant à ce jour 4,3% de sa capitalisation boursière. Fixé entre le 28 octobre et fin mars 2022, ce programme n’était pas attendu par les analystes ni les investisseurs, qui ont applaudi la nouvelle en faisant bondir le titre de plus de 13% en milieu d’après-midi (15h45).
"La transaction récente sur le portefeuille d’affaires en-cours (in-force) Vie, qui a été finalisée le dernier jour du deuxième trimestre 2021, a permis de dégager une valeur considérable, générant 1,0 milliard de dollars de cash-flow tout en donnant au groupe des degrés de liberté supplémentaires pour une gestion du capital créatrice de valeur", justifie Scor dans un communiqué. Si une partie de cette plus-value pourra être mobilisée pour des acquisitions en réassurance dommages et responsabilité, le groupe a tenu à en faire profiter ses actionnaires.
Le programme de rachat d’actions aura un effet légèrement négatif sur le ratio de solvabilité de Scor de 4 points de pourcentage : il sera ramené à 225%, soit de toute façon au-dessus à la fourchette optimale définie par le réassureur dans son plan stratégique "Quantum Leap", comprise entre 185% et 220%.
L’annonce vient soutenir des résultats trimestriels certes pénalisés par les conséquences des événements climatiques – en particulier les inondations en Europe et de l’ouragan Ida dans le Golfe du Mexique – mais de manière moins forte qu’anticipé. Scor affiche en effet une perte nette de 41 millions d’euros, contre un bénéfice de 109 millions un an plus tôt. Mais les analystes anticipaient en moyenne une perte située autour de 150 millions d’euros.
Les catastrophes naturelles ont engendré une forte sinistralité, représentant une charge de 24,3%. Les inondations européennes et Ida ont pesé à eux seuls 343 millions d’euros ; l’ensemble des "catnat" représente un coût de 708 millions pour le troisième trimestre. Conséquence, le ratio combiné de Scor s’est dégradé : il a augmenté de 14,5 points et ainsi franchi la barre des 100% (indiquant une perte), pour atteindre 112%. En revanche, les sinistres liés au Covid-19 n’ont pas provoqué de pertes au troisième trimestre : l’effet pour les neuf premiers mois se limite donc aux charges enregistrées au premier semestre – en l’occurrence 109 millions d’euros.
Mais Scor a pu limiter les effets des événements climatiques sur ses comptes grâce à sa capacité commerciale et sa capacité à passer des hausses de prix. Ses primes brutes émises – qui correspondent peu ou prou au chiffre d’affaires – ont progressé de 12,7% au troisième trimestre (à 4,6 milliards d’euros) à l’échelle du groupe. Une performance rendue possible par une hausse de 21,5% en réassurance dommages et responsabilité (Scor Global P&C), branche directement concernée par les catnat, à 2,24 milliards d’euros. L’activité de réassurance vie (Scor Global Life) a progressé de 5,4%, à 2,36 milliards d’euros. "Ces résultats sont clairement positifs, avec des pertes liées aux catastrophes moins importantes que prévu, une croissance plus rapide qu'attendu (à la faveur de la hausse des prix)", estiment les analystes de Jefferies.
L’année devrait donc se terminer sur une note plutôt positive pour Scor, sauf surprise. Les primes brutes ont progressé de 6,2% sur neuf mois à un peu plus de 13 milliards d’euros (+10,4% à change constant), dont +12,1% pour Scor Global P&C et +1,7% pour Global Life. Si le ratio combiné dépasse de peu les 100% (à 102,7%), c’est en raison des catnat (qui pèsent 14,8% sur neuf mois) et du Covid-19 (2,3%).
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