WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne
risque

Macro-économie / Taux / acpr / Assurance / réassurance / catastrophes naturelles / catnat

Macro-économie / Taux
acpr / Assurance / réassurance / catastrophes naturelles / catnat

Le défi de l'assurance : augmenter l'assurabilité face aux "catnat"

Le nombre des catastrophes naturelles augmente presque chaque année, entraînant une évolution à la hausse des conséquences financières également pour les assureurs et les réassureurs, ce qui se répercute sur leurs primes. Une situation dangereuse qui recule la frontière de l'assurabilité.
Ouragan Ida - Sean Rayford / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
Ouragan Ida - Sean Rayford / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Avec l'augmentation du nombre et des conséquences financières des catastrophes naturelles ("cat nat"), comme en témoigne l'année 2021, les assureurs et les réassureurs se trouvent en face d’un véritable enjeu financier autant pour eux que pour les assurés. Pour y répondre, ils se doivent de repousser les frontières de l’assurabilité, tel qu’aider à combler le "protection gap" (l'écart entre l'ensemble des coûts économiques d'un événement et la partie effectivement couverte par un contrat d'assurance). Pas si simple.

En effet, les dommages liés aux cat nat représentaient environ 40 milliards d’euros, selon Swiss Re Institute (le bureau d’études du réassureur helvétique) au premier semestre de l’année, soit une hausse de 4 % en glissement annuel. Mais le montant des dégâts affichés n’est jamais celui couvert par les assureurs. Par exemple, selon, le cabinet Karen Clark & Co, spécialiste en modélisation des catastrophes naturelles, les dommages totaux de l’ouragan Ida survenu du 26 août au 4 septembre 2021 en Louisiane, pourraient avoisiner 50 à 60 milliards de dollars, alors que les pertes effectivement assurées seraient comprises, en l’état actuel, dans une fourchette de 15 à 20 milliards. Ce qui représente seulement 25 % à 40 % du montant initial.

"Malheureusement, les phénomènes climatiques vont rester extrêmement importants, voire de plus en plus importants, ce qui veut dire des primes d’assurance inévitablement à la hausse. Les réassureurs qui absorbent ces risques n’ont d’autres choix que d’augmenter leurs tarifs", a déclaré Cyrille Chartier-Kastler, fondateur du cabinet de conseil Facts&Figures, le mois dernier sur France Info. Ces propos sont confirmés par les chiffres. En effet, en 30 ans, le coût des sinistres climatiques pour les assurances a été multiplié par 3. Ce coût se répercute déjà depuis plusieurs années sur la prime d’assurance habitation : plus 2 % en 2018 et 2021, selon Cyrille Chartier-Kastler.

L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) s’inquiète de cette augmentation. En effet, elle estime que cette hausse serait supérieure à la croissance du PIB français d’ici 2050. A l'occasion du premier test de résistance climatique publié à l'orée de l'été, Jean-Paul Fagère, vice-président de cette autorité, estimait que  "si les assurés ne suivaient pas cette hausse des primes, les risques ne seraient pas couverts et la frontière de l’assurabilité pourraient reculer". C'est donc devenu un véritable sujet de société, tant pour les consommateurs que pour les entreprises.

Les solutions pour sortir de ce cercle vicieux ne sont pas évidentes. Les propositions données par la gendarme de l’assurance ont été rejetées en bloc par différents groupes d’assurance, tandis que la réforme du régime "cat nat" n’empêcherait pas plus la hausse des primes, estime le rapport de l'ACPR.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article