Macro-économie / Taux / OIT / Emploi / Economie mondiale
Macro-économie / Taux
OIT / Emploi / Economie mondiale
Monde : un déficit d’emplois deux fois pire que prévu en 2022
"Deux ans après le début de la crise, les perspectives demeurent fragiles et le chemin de la reprise s’avère lent et incertain", a déclaré Guy Ryder, directeur général de l’Organisation internationale du travail (OIT), à l’occasion de la présentation du nouveau rapport sur l’emploi de l’OIT. Pour 2022, l’organisation basée à Genève prévoit un déficit mondial d’heures travaillées équivalent à 52 millions d’emplois à temps plein (48 heures par semaine) par rapport au quatrième trimestre 2019. Sa dernière estimation réalisée en mai 2021 anticipait un déficit deux fois moindre. L’écart au niveau d’avant-crise serait ainsi d’environ 2%.
Cette dégradation "substantielle" des perspectives trouve son origine dans l’évolution de la crise pandémique. "C’est le reflet des conséquences que font peser sur le monde du travail les récents variants du covid-19, comme le Delta et l’Omicron, et cela révèle aussi une grande incertitude quant à la suite de la pandémie", explique l’OIT. La dynamique du marché du travail est très hétérogène selon les régions. En effet, les pays à revenu élevé représentent à peu près la moitié de la baisse du chômage dans le monde entre 2020 et 2022 alors qu’ils ne constituent qu’environ 20% de la population active mondiale. "Depuis le début de la pandémie, ce sont les pays à revenu intermédiaire inférieur qui s’en sortent le moins bien et qui connaissent également la reprise la plus lente", précise le rapport, qui évoque des taux de vaccination plus bas et des politiques budgétaires moins accommodantes que dans les économies avancées.
Du côté du taux de chômage, il devrait rester supérieur à son niveau de 2019 (5,4%) jusqu’en 2023 au moins (5,7%). Attention, beaucoup de ceux qui ont quitté la population active en raison de la crise pandémique ne l’ont pas toujours réintégrée, ce qui signifie que le niveau de chômage sous-estime toujours les répercussions totales de la crise sur l’emploi, avertit l’OIT.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

