Macro-économie / Taux / France / attractivité / énergie
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France / attractivité / énergie
La France retrouve son attrait
Bruno Le Maire s'était targué le mois dernier du fait que le gouvernement avait réussi à faire "de la France le pays le plus attractif pour les investisseurs étrangers en Europe". La publication de l'Indice d’Attractivité du territoire 2022 par les Conseillers du commerce extérieur (CCE) témoigne effectivement d'une tendance à la hausse depuis sa création en 2015. Cette année l'indice est mesuré à 63,9 ce qui est le deuxième total le plus élevé en huit ans.
La progression est notamment permise par une forte amélioration des "habituels points faibles" de l'Hexagone, comme le coût de la main-d’œuvre, qui gagne 3,30 points en glissement annuel. Dans le même temps, le facteur fiscalité gagne 2,79 points. Néanmoins ces deux critères restent loin d'être un atout pour la France au vu de leur niveau peu élevé : le premier cité est à un niveau total de 36,5 points d'indice sur 100. Le deuxième est quant à lui en queue de peloton avec un total de 27,1.
Le document publié établit "une baisse notable du critère approvisionnement énergétique et coût de l’énergie", en raison des tensions actuelles sur les marchés. Pourtant si ce critère a perdu 5,3 points en un an, cela ne devrait pas nuire particulièrement à la France au niveau européen. En effet tout le continent est largement dépendant des importations d'hydrocarbures et n'a pas de solution à court terme face à la hausse des cours.
Il est particulièrement intéressant de noter que l'indice continue à consacrer les capacités d'innovation et de recherche hexagonales. Ce facteur gagne 3,16 points d'indice relativement à l'an passé et est mesuré à un total de 85,3 sur une base 100. Le rapport fait ressortir en ce sens une forte attente des membres du CCE interrogés - 78 % - envers "les mesures du plan France 2030 en matière de soutien à l'innovation". Cette attente concerne non seulement l'amélioration des points faibles, tel que le coût de la main-d’œuvre (uniquement 36,5 points), mais également ses points forts, tels que la qualité des infrastructures (87,3 points). Elle corrobore l'attente importante envers les programmes de soutien particuliers à l'industrie (72 %).
La baisse de 1,33 point du facteur ayant trait à la qualité de la main-d’œuvre est quant à elle assez préoccupante. Un livre blanc a été publié à ce sujet il y a quelque temps par la Fédération bancaire française, la Fédération Syntec et France Assureurs. À leurs yeux, il y a une véritable urgence à mettre en place des mesures à même de restaurer la compétitivité et l'attractivité de la France. Ces acteurs importants de l'économie française érigent comme une priorité de faire de l'emploi qualifié un "véritable atout stratégique pour la France".
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