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Dassault Aviation : trou d’air en vue après une année faste
Les annonces de signatures médiatisées de commandes de Rafale à l’export tout au long de l’année dernière le laissaient présager : l’exercice 2021 a été particulièrement dynamique pour Dassault Aviation.
Son chiffre d’affaires a en effet progressé de plus de 30% par rapport à 2020, pour atteindre 7,23 milliards d’euros, pendant que son résultat opérationnel ajusté a doublé à 527 millions et que son bénéfice net ajusté (qui ne prend pas en compte l’évolution de la valeur des instruments de couverture de change) bondissait de 75% pour terminer à 693 millions. Le bénéfice net consolidé double aussi à 605 millions d’euros. A noter que Dassault a profité de la hausse des résultats de Thales, dont il est actionnaire à hauteur de 24,7% du capital. La contribution de l’équipementier aéronautique et de sécurité au bénéfice net a atteint 336 millions d’euros en 2021, contre 231 millions un an plus tôt.
Les comptes sont largement supérieurs aux anticipations des analystes : le consensus FactSet anticipait un chiffre d’affaires de 7,1 milliards d’euros, un résultat opérationnel ajusté de 458 millions et un résultat net ajusté de 556 millions. Dassault fera profiter ses parties prenantes de ce redressement. Au titre de l’exercice 2021, le conseil d’administration de Dassault proposera un dividende de 2,49 euros par action, soit le double de 2020 pour un taux de distribution de 30% ; il versera en outre 139 millions d’euros de participation et intéressement à ses salariés, pour un minimum légal de 28 millions.
Les prises de commandes, gages des performances financières futures, ont atteint des niveaux exceptionnels : elles ont représenté 100 appareils, pour un montant exceptionnel de 12,08 milliards d’euros - loin des petits 3,5 milliards affichés un an plus tôt. Une performance qui a fait grimper le carnet de commandes total à 20,8 milliards d’euros au 31 décembre 2021, soit 4,8 milliards de plus : il comprend 86 chasseurs Rafales et 55 jets civils Falcon.
L’export militaire et le marché des avions d’affaires ont redémarré
Comme en 2020, le pôle Défense est resté le moteur du groupe : sa part dans le chiffre d’affaires est passée de 59% à 73% l’année dernière. Vingt-cinq Rafale ont été livrés en 2021, tous à l’export (Qatar et Inde), contre 13 un an plus tôt.
Le rebond est encore plus franc sur le terrain commercial : Dassault a enregistré les commandes de 49 Rafales, dont 31 pour l’Egypte, 6 pour la Grèce et 12 pour la France. En 2020, elles atteignaient… zéro. Dassault a également enregistré le contrat "Balzac" d’entretien de la flotte de Mirage 2000 pour 14 ans. La commande publique française a ainsi plus que doublé, frisant les 3 milliards d’euros. Au total, les prises de commandes Défense ont atteint 9,2 milliards d’euros en 2021 contre 1,5 milliard en 2020. Sachant que la commande géante de 80 Rafale par les Emirats arabes unis, signée à la toute fin de 2021, n’est pas incluse dans ce montant. Le rapport prises de commandes/chiffre d’affaires (ou book-to-bill ratio) atteint 1,67 pour l’année dernière.
La branche civile a vu son poids se réduire en termes de revenus, mais Falcon a tout de même fait mieux que prévu : 30 appareils ont été livrés, soit 5 de plus que ce qu’estimait le groupe et 17 de plus qu’en 2020. L’activité commerciale a également été bien plus dynamique qu’il y a deux ans lorsque la pandémie avait cloué au sol le trafic aérien, même si en proportion elle est un peu écrasée par le dynamisme du militaire. Les commandes ont plus que triplé, passant de 15 à 51 jets.
Le dynamisme commercial se poursuivra en 2022. L’exercice prendra en compte le contrat éléphantesque avec les Emirats, mais Dassault compte aussi sur le contrat en attente de 42 Rafale à l’Indonésie et l’autorisation du parlement grec pour la signature de 6 Rafale neufs. Il faut également compter le contrat Eurodrone.
En revanche en termes de livraisons, moment où le client règle la majeure partie de sa commande, l’avionneur s’attend à un exercice plus calme - une commande prenant plusieurs années à être honorée. Il prévoit de livrer 13 jets Rafale et 35 Falcon et d’enregistrer un recul de son chiffre d’affaires par rapport à 2021. L’activité pourrait également être ralentie par les conséquences de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Son PDG Eric Trappier a indiqué que Dassault Aviation allait geler son activité commerciale et ses livraisons à destination de la Russie et des clients russes. Toutefois, il a relativisé les conséquences de cette décision en soulignant que la reprise du marché de l’aviation d’affaires était portée par l’Europe et les Etats-Unis.
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