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Publications, Résultats / Dassault Aviation / Rafale / Safran / Thales / MTU / Éric Trappier / SCAF / Airbus

Publications, Résultats
Dassault Aviation / Rafale / Safran / Thales / MTU / Éric Trappier / SCAF / Airbus

La manne financière de l’avion de combat du futur sera modeste dans l’immédiat / Mais le SCAF pourrait rapporter 80 milliards d’euros à maturité

La récente signature d’un accord entre Dassault Aviation et Airbus sur le système de combat aérien du futur (SCAF) permet de commencer à en évaluer les retombées financières pour les industriels parties prenantes du projet.
Eric Trappier, le PDG de Dassault Aviation, devant la maquette du SCAF, futur avion de combat européen - Gilles ROLLE/REA
Eric Trappier, le PDG de Dassault Aviation, devant la maquette du SCAF, futur avion de combat européen - Gilles ROLLE/REA

Mieux vaut tard que jamais. L’accord auquel sont récemment parvenus Dassault Aviation et Airbus à l’issue de longues tractations sur l'avion de combat de nouvelle génération (NGF), composante essentielle du SCAF, le système de combat aérien du futur cofinancé par la France, l'Allemagne et l'Espagne, est une bonne nouvelle pour l'écosystème industriel de l'armement français.

D’abord parce que, comme l’a souligné Eric Trappier, le président-directeur général de Dassault Aviation, l’avionneur a été "confirmé dans son rôle de maître d’œuvre et d’architecte de l’avion et a obtenu la protection de son savoir-faire industriel et de ses technologies".

Plus précisément, "la propriété des travaux à réaliser en commun sera partagée, mais les technologies et le savoir-faire qui nous appartiennent ne le seront pas", soit "un accord gagnant-gagnant pour toutes les parties ", a souligné le patron du constructeur du Rafale. Un modèle de coopération européenne que l’avionneur national aura réussi à imposer, par sa résistance, face à la partie allemande, représentée par Airbus. Celle-ci contestait en particulier la maîtrise d’œuvre de Dassault Aviation sur les commandes de vols et souhaitait avoir accès aux technologies propriétaires du groupe français, le seul des partenaires à savoir construire entièrement un avion de combat.

 

Un premier vol en 2029

 

La signature de cet accord industriel aux larges implications politiques permet de commencer à en évaluer les retombées financières, alors que le consortium associant Dassault Aviation, Airbus Allemagne et le groupe d'électronique de défense espagnol Indra va maintenant pouvoir entrer dans l’exécution de la nouvelle phase d’études, dite 1B. Celle-ci "doit préparer le développement d’un démonstrateur, qui devrait voler vers 2029", a indiqué Eric Trappier. Soit avec deux ans de retard sur les indications données l’an dernier avant que ne surgissent les désaccords franco-allemands. Ce qui laisse à penser que l’entrée en service du futur appareil serait également décalée de deux ans, à 2042, au lieu de 2040.

En 2021, les trois gouvernements français, allemand et espagnol avaient signé un accord prévoyant 3,6 milliards d'euros d'études détaillées pour la construction dudit démonstrateur, sachant que le projet SCAF a été divisé en plusieurs piliers de recherches (l'avion du futur, les drones associés, le cloud de combat, le moteur, la simulation, les capteurs, la furtivité) avec, pour chacun, une entreprise chef de file et des répartitions de tâches bien définies entre industriels français, allemands et espagnols.

"Bien que de nombreux détails du SCAF n'aient pas été divulgués, nous pensons que les dépenses de la phase 1B pourraient être réparties comme suit : 50% pour l’avion du futur, 20% pour les drones associés, 15 % pour le moteur et 15 % pour le cloud de combat et les piliers restants, 50% des revenus revenant au leader de chaque pilier et les 50 % restants étant répartis à parts égales entre les principaux partenaires", indiquent les analystes du cabinet Stifel dans une récente note. Côté français, outre Dassault Aviation, ses partenaires historiques que sont Safran, Thales en profiteront également.

 

320 millions d’euros par an pour Dassault Aviation

 

Si ces hypothèses sont correctes et que les revenus de la phase 1B sont répartis sur 3 ans, Stifel a calculé que cela représentera environ 320 millions d'euros de revenus par an sur la période 2023 à 2025 pour Dassault Aviation, soit environ 4% du chiffre d’affaires réalisé par le groupe en 2021, et 240 millions d'euros par an pour Airbus (environ 1% de son chiffre d’affaires). De son côté, Safran percevrait 60 millions d'euros de même que le motoriste allemand MTU, tandis que Thales toucherait 30 millions d'euros.

Les revenus espérés à court terme "sont donc modestes […] alors que la valeur du programme à long terme est importante ", poursuit Stifel, le bureau d’analystes rappelant que dans un rapport en 2020, le sénat français avait évalué la valeur du programme SCAF jusqu'en 2030 serait de 8 milliards d'euros, pour un coût total compris entre 50 et 80 milliards d'euros.

Si la valeur du programme à long terme est difficile à estimer, la valeur du SCAF "pourrait être d'au moins 80 milliards d'euros nominaux en euros de 2022 jusqu'en 2060, en supposant une phase de production de 20 ans", calcule ainsi Stifel. Et ce "sur la base d'une hypothèse très approximative de remplacement 1 pour 1 des avions Eurofighter et Rafale commandés (environ 500 unités) à environ 100 millions d'euros chacun ". A condition bien sûr que la partie allemande ne revienne pas à un moment ou un autre du projet sur ce qu’elle vient de concéder sous la pression.

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