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Safran / S&P / Standard & Poor's / LEAP / M88 / Rafale / Philippe Petitcolin

Pour Safran, le cash-flow est le nerf de la guerre / Standard & Poor’s a relevé sa note sur l’équipementier

Grâce à de solides cash-flows, Safran fait preuve d'une forte capacité de désendettement dans des conditions de marché pourtant extrêmement difficiles. Le groupe a les atouts pour résister à la dégradation conjoncturelle anticipée l’an prochain selon S&P.  
Deplacement du Ministre delegue aux Transports a Moissy Cramayel, visite de l'usine Safran Aircraft Engines Safran SAE de Villaroche
Deplacement du Ministre delegue aux Transports a Moissy Cramayel, visite de l'usine Safran Aircraft Engines Safran SAE de Villaroche

Le deuxième équipementier aéronautique mondial peut-il faire face aux vents contraires sur son activité ? A l’évidence oui, à la manière dont le groupe dirigé par Olivier Andriès traverse l’année 2022, au point d'avoir relevé fin octobre ses prévisions de chiffre d’affaires et de génération flux de trésorerie disponible (ou cash-flow libre). Ce flux généré par l'exploitation après paiement des investissements nécessaires pour maintenir ou développer l’outil de production devrait dépasser 2,4 milliards d’euros cette année, après 2 milliards d’euros en 2021.

Le groupe subit pourtant de nombreuses contraintes exogènes, entre les goulets d'étranglement dans la chaîne d'approvisionnement et l'inflation des coûts des intrants qui pèsent sur les marges d'excédent brut d’exploitation (Ebitda). Et ce alors qu’il doit gérer la forte montée en cadence de la production de ses nouveaux moteurs LEAP développé en partenariat avec GE au sein de leur coentreprise CFM International. Le LEAP détient 60% des parts de marché de l'A320neo d'Airbus et équipe également la totalité des 737 MAX de Boeing, ce qui lui permet en tout de revendiquer 72% des parts de marché sur le segment moyen-courriers.

"Safran fait preuve d’une forte capacité de désendettement dans des conditions de marché extrêmement difficiles ", souligne ainsi Standard & Poor’s (S&P). L’agence, qui a relevé il y a quelques jours sa note de crédit de long terme sur Safran de "BBB+" à "A-", estime que cette capacité se traduira par une diminution du ratio dette ajustée sur Ebitda de l'entreprise dans une fourchette de 0,3 à 0,5 fois d'ici fin 2022. Le groupe profite d'une part de la reprise continue du trafic aérien en Europe et aux États-Unis, alors que la capacité mondiale des avions à fuselage étroit (type Airbus 320 et Boeing 737) a atteint en moyenne 81% de son niveau de 2019 au cours des neuf premiers mois de 2022, contre 63% en 2021, et 38% au cours des trois derniers trimestres de 2020.

Mais, "la génération de flux de trésorerie disponible de l'entreprise est également stimulée par une dynamique favorable du fonds de roulement ", note Standard & Poor’s. "Cela est dû à des paiements anticipés importants sur les moteurs M88 (qui équipent l'avion de combat Rafale) et à la montée en puissance des contrats à l’heure de vol ", explique l’agence.

En 2023, le ralentissement de la croissance économique en Europe et aux États-Unis pourrait cependant ralentir la reprise du trafic aérien, tandis que l'inflation du coût des intrants persistera probablement. Les économistes de S&P prévoient que la croissance du PIB américain tombera à 0,2% en 2023, contre 1,6% prévu en 2022, avant de revenir à 1,6% en 2024. De même, l'Europe sera probablement confrontée à des conditions macroéconomiques plus difficiles selon eux, ce qui se traduira par une baisse de la croissance de son PIB à 0,7 % en 2023, contre 2,7 % prévus en 2022, puis par une reprise à 2,1% en 2024, d’après leurs calculs.

Standard & Poor’s estime ainsi que la persistance de niveaux d'inflation élevés couplée à des taux d'intérêt plus élevés pourrait ralentir la demande de voyages aériens, retardant ainsi la reprise du trafic aérien vers les niveaux pré-pandémiques. Pour autant, l’agence de notation "voit moins de risques pour les vols domestiques et régionaux dont les tarifs sont moins chers que pour les vols long-courriers et internationaux ", ce qui place selon elle " Safran dans une meilleure position que certains de ses concurrents ", étant donné que le groupe "génère la plupart de ses revenus rentables sur le marché du service après-vente des appareils à fuselage étroit qui desservent généralement les routes domestiques et régionales", souligne-t-elle.

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