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Dassault Aviation / Rafale / Éric Trappier / Falcon
Dassault Aviation porté par le Rafale / Le plus important carnet de commandes de l’histoire de l’avionneur français
Le Rafale n’a pas fini de porter les résultats de Dassault Aviation. L’avion de combat multirôle français a connu en 2022 une année historique en termes de prises de commandes. Le groupe dirigé par Eric Trappier a enregistré l’an dernier les commandes de 92 Rafale. Dans un contexte où les dépenses militaires ont poursuivi leur course en avant, une tendance que la guerre en Ukraine a forcément accéléré, le succès commercial du Rafale à l’export s’est amplifié après une année 2021 où le Rafale avait déjà été le moteur des exportations françaises d’armes.
L’entrée dans le carnet de commandes du contrat de 80 Rafale pour les Émirats arabes unis s’est accompagnée de la signature de contrats pour 42 Rafale pour l’Indonésie. Précisément, "le premier acompte relatif aux six premiers avions a été reçu et cette commande de six est incluse dans les commandes de 2022. L’entrée en vigueur des 36 Rafale supplémentaires est en attente", a indiqué jeudi le groupe à l’occasion de la publication de ses résultats 2022. En comptant la vente à la Grèce de 6 Rafale neufs supplémentaires, le carnet de commandes de l’appareil au 31 décembre 2022 s’élève désormais à 164 unités.
21 milliards d’euros de prises de commandes
Si en matière de commandes, le Rafale a pris toute la lumière, Dassault aviation n’a pas démérité non plus dans l’aviation d’affaires où son Falcon a recueilli 64 commandes l’an dernier, contre 51 en 2021. Si bien qu’au total, Rafale et Falcon confondus, les 21 milliards d’euros de prises de commandes de l’an dernier ont porté le carnet de commandes à 35 milliards d’euros, le niveau le plus important de l’histoire du groupe fondé en 1929 par Marcel Bloch.
Ce niveau exceptionnel garantit ainsi que les chaînes de montage vont continuer à tourner à plein régime pendant plusieurs années. Après la livraison l’an dernier de 14 Rafale dont 13 à l’export, et de 32 Falcon, Dassault Aviation prévoit de livrer 15 Rafale et 35 Falcon en 2023. Pourtant, "le chiffre d’affaires sera en baisse par rapport à celui de 2022", prévient la direction. Une prudence "compréhensible compte tenu des problèmes persistants de la chaîne d’approvisionnement", notent les analystes d’Oddo BHF. Et qui n’est pas très inquiétante. Le chiffre d’affaires a d’ailleurs reculé en 2022, à 6,9 milliards d’euros, par rapport aux 7,2 milliards d’euros de 2021. Ce qui n’a pas empêché les résultats de progresser à des niveaux meilleurs qu’attendu.
Le résultat opérationnel ajusté, à 572 millions d’euros, a dépassé de 23 % les attentes, note UBS. La marge correspondante s’est améliorée, passant de 6,4 % au premier semestre à 9,7 % au second, soit une marge de 8,3 % du chiffre d’affaires, contre 7,3 % en 2021. Mais le point qui impressionne le plus est le niveau de trésorerie disponible du groupe, qui a atteint 9,5 milliards d’euros, en hausse de 4,7 milliards d’euros par rapport au 31 décembre 2021, soit 36 % au-dessus des attentes du consensus des analystes.
Le SCAF et le Rafale développés de front
De quoi financer confortablement les prochains développements. Notamment le système de combat aérien du futur (SCAF) sur lequel Dassault Aviation et Airbus ont finalement réussi à conclure, après moult tractations, un accord sur l’avion de combat de nouvelle génération (NGF), pilier du programme, appelé à succéder au Rafale français et à l’Eurofigter allemand à l’horizon 2040. Accord qui a permis d’entériner le rôle de l’avionneur français en tant que maître d’œuvre et d’architecte du NGF. Pour 2023, l’avionneur français prévoit ainsi de lancer la phase 1B du démonstrateur et de préparer la phase 2.
Ce qui n’empêche pas la poursuite du développement du Rafale, alors que le premier avion au standard F4 apportant de nouvelles fonctionnalités liées au combat collaboratif a été livré il y a quelques jours par la Direction générale de l’armement (DGA) au Centre d’expertise aérienne militaire. Depuis les premières livraisons du standard F1 en 2000, une grande caractéristique de Rafale est son évolutivité. Étant donné le retard pris par le programme SCAF, la DGA a déjà prévu le développement à partir de 2023 d’un standard F5 du Rafale, devant assurer la pérennité de l’appareil jusqu’en 2060.
En Bourse, l’action Dassault Aviation s’est envolée jeudi de 12,2 %, et progresse de 1,7% supplémentaire vendredi matin, à 182,2 euros.
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