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Rafale / Dassault Aviation

Dassault Aviation ralenti par les défis de sa supply chain / Une montée en cadence très progressive

Tandis que les commandes de l’avion de combat Rafale continuent de tomber, le rythme des livraisons d’appareils de Dassault Aviation s’avère plus lent que prévu, en particulier s’agissant du jet d’affaires Falcon. La faute aux tensions persistantes sur la chaîne d’approvisionnement. La chute des commandes de Falcon devrait n’être que temporaire.
Dassault Aviation a vendu plus de 500 exemplaires de son avion de combat Rafale depuis l'origine du programme - Dassault Aviation - C. Cosmao
Dassault Aviation a vendu plus de 500 exemplaires de son avion de combat Rafale depuis l'origine du programme - Dassault Aviation - C. Cosmao

Les commandes de Rafale ne font pas tout. Il y a toujours lieu de se réjouir du succès commercial de l’avion de combat de Dassault Aviation, qui ne se dément pas. En témoigne la commande de 42 avions de combat notifiée fin décembre par la Direction générale de l’armement, ou celle de la dernière tranche de 18 Rafale pour l’Indonésie annoncée le 8 janvier, portant le carnet de commandes à 211 appareils, soit une visibilité de 10 ans sur la production. A ce jour, l’avionneur a vendu pas moins de 513 Rafale, soit 234 pour la France et 279 à l’export, et le programme a désormais les 600 commandes de la famille Mirage 2000 en ligne de mire. Seulement voilà, comme l’expliquait il y a un mois Eric Trappier, le directeur général de l’avionneur, sur l’antenne de BFM Business, "actuellement, la problématique est de gérer la montée en puissance et d’être capable de livrer les avions que l’on a déjà vendus".

Comme la plupart des autres acteurs du secteur, Dassault Aviation rencontre des problèmes avec sa chaine d’approvisionnement, dont la situation s’est encore dégradée en 2023 par rapport à 2022, et ce à un moment où le groupe doit justement augmenter ses cadences de production pour honorer ses engagements. Le groupe a livré 13 Rafale l’année dernière, soit deux de moins que prévu, a-t-il indiqué lundi. Mais si l’objectif de livraison n’a pas été atteint dans le militaire, le déficit par rapport aux prévisions s’avère plus marqué encore dans le civil, avec 26 avions d’affaires Falcon livrés sur l’ensemble de l’exercice 2023, loin des 35 prévus. Car tandis que la chaîne d’approvisionnement du Rafale est par nécessité très franco-française, celle du Falcon est mondiale, et notamment américaine, générant des contraintes supplémentaires. "Le rebond de fin d’année que nous attendions ne s’est pas produit, les problèmes de chaîne d’approvisionnement continuant de freiner la production de Falcon", note ainsi Christophe Ménard, analyste chez Deutsche Bank.

Celui-ci s’inquiète aussi de la chute de 65 % des prises de commandes de l’avion d’affaires de Dassault Aviation. Le groupe comptait 84 Falcon dans son carnet de commandes à la fin de 2023, moins que les 87 appareils de la fin 2022. Et "une baisse de 4 % du carnet de commandes à comparer aux concurrents nord-américains qui ont enregistré une croissance moyenne de 5 à 6 % de leur carnet de commandes au cours des neuf premiers mois de l’année", poursuit l’analyste. Ce qui correspond à un ratio book-to-bill des nouvelles commandes sur les facturations de 0,88 pour 2023 et de 0,65 pour le seul second semestre, conséquence probable des incertitudes économiques et de la période de flottement ayant suivi la tempête financière et le sauvetage de Credit Suisse au printemps dernier. Pour autant, "nous ne sommes pas particulièrement inquiets sur la tendance des prises de commandes Falcon car nous restons convaincus que les vols avec les 6x de démonstration faciliteront la finalisation des campagnes commerciales en cours", estime de son côté le cabinet Oddo BHF.

Dernier né des avions d’affaires de Dassault Aviation, le Falcon 6X a décroché l’été dernier sa certification auprès des autorités aériennes européenne et américaine, un double feu vert ouvrant la voie à son exploitation commerciale. Le groupe sera ainsi très attendu à la fois sur les tensions de la chaîne d’approvisionnement et les tendances commerciales de l’appareil lors de la publication le 6 mars prochain de ses résultats annuels. S’agissant du Rafale, la prochaine grosse commande devrait venir de l’Inde avec la concrétisation attendue de l’accord de principe donné l’an dernier pour 26 Rafale en version Marine pour porte-avions. La production de l’appareil va poursuivre sa lente montée en cadence, l’usine de Mérignac devant passer d’ici un an de deux à trois appareils assemblés par mois, le résultat de trois ans de travail avec les sous-traitants.

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