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Airbus crédibilise son objectif de livraisons

L'avionneur européen a annoncé deux méga commandes pour un total de 366 appareils. Il a également livré des perspectives plutôt rassurantes sur la reprise et l'état du marché à long terme.
Airbus A321neo
Airbus A321neo

Les salons commerciaux internationaux sont fréquemment l’occasion d’annonces plus ou moins tonitruantes. Aux premiers jours du salon aéronautique de Dubaï, aux Emirats arabes unis, et malgré la grande fragilité dans laquelle se trouvent le secteur du transport aérien et l’industrie aéronautique, Airbus a révélé la signature de deux mégacontrats représentant au total 366 appareils, soit l'équivalent de plusieurs dizaines de milliards de dollars : une commande ferme de 255 A321 (sous les versions neo et XLR) avec quatre compagnies aériennes détenues par le fonds de private equity Indigo Partners (Wizz Air, Frontier, Volaris et JetSmart), ainsi qu’une lettre d’intention pour 111 avions de divers modèles (A220-300, A321neo et XLR, A330neo et A350 F) avec le loueur américain Air Lease Corporation (ALC), annoncée hier.

La seule première commande représente plus de 33 milliards de dollars (près de 29 milliards d’euros) au prix catalogue – qui n’est toutefois jamais appliqué. En outre, Volaris et JetSmart vont convertir 38 A320neo déjà commandés en A321neo.

Ces annonces ont de quoi réjouir Airbus, bien évidemment : les A321 sont ceux de la famille A320 (A319, A320 et A321) qui génèrent les meilleures marges chez l’avionneur toulousain et permettent à leurs acquéreurs de réduire leur emprunte carbone.

Des commandes de cette ampleur sont également de bon augure pour l’ensemble du secteur : elles signalent un certain retour d’appétit des compagnies aériennes, en dépit de leurs difficultés économiques, de la persistance de certaines restrictions de déplacement et les conséquences de la transition écologique sur les modèles économiques du transport aérien et les comportements des consommateurs. "La crise a été très brutale, elle a duré 15 mois dans sa partie la plus profonde. On est en train d'en émerger, on voit le trafic aérien reprendre, des réouvertures de lignes, des avions pour venir ici à Dubaï pleins ou presque pleins", a ainsi commenté hier Guillaume Faury, l’administrateur délégué d’Airbus, à Dubaï.

En outre, l’immobilisation au sol de nombreux appareils pendant la crise sanitaire favorisera à terme le renouvellement des flottes des longs courriers. "Beaucoup d'avions ont été mis en stockage longue durée, dont une partie va être mise à la retraite, cela va créer un déficit d'avions neufs, performants et peu consommateurs de carburant. Il est donc probable qu'il y ait une remontée en cadence très forte quelque part dans la deuxième moitié de la décennie sur les long-courriers", a ainsi expliqué Guillaume Faury, qui a confirmé les anticipations du groupe sur la remontée du trafic : entre 2023 et 2025, "le régional plutôt en 2023 et le grand international plutôt en 2025".

Airbus n’a d’ailleurs pour ainsi dire pas révisé ses prévisions de demande mondiale d’avions à long terme. L’avionneur européen, qui les a présentés samedi à la veille de l’ouverture du salon de Dubaï, anticipe une demande de 39 020 appareils neufs d’ici à 2040, dont 15 250 correspondent au remplacement d’appareils anciens : 29 690 pour les petits porteurs, 5 340 pour les moyens porteurs et les long-courriers de capacité moyenne (comme les A321 XLR et les A330) et 3 990 pour les long-courriers grands porteurs comme l’A350.

C’est inférieur de 0,5% que la précédente estimation communiquée en 2019 (39 213), tandis que son grand concurrent Boeing a révisé la sienne en la réduisant de 1%. Ce très léger changement de perspective provient pour l’essentiel des gros-porteurs (-3,1% chez Airbus), dont l’on sait que leur consommation les rend moins adaptés aux nouvelles exigences de transition énergétique. En revanche, l’avionneur a réévalué de 2,9% la demande de nouveaux avions de fret (à 880 unités), qui est promise à un développement important – une opinion partagée par Boeing – avec une forte demande de remplacement. Airbus a également réduit de 4,3% à 3,9% sa prévision de croissance annuelle moyenne du trafic.

Les investisseurs ont salué ces éléments. Le titre Airbus a terminé hier en hausse de 1,7% (à 114,04 euros) et continuant son appréciation ce matin (+0,32%). D’ici à la fin de l’année, ils seront toutefois vigilants au respect de l’objectif de 600 livraisons en 2021, qui a été confirmé dimanche par le directeur financier Dominik Asam. Estimant que les cadences du groupe se redressent (UBS les calcule à 17 unités à ce jour en novembre, soit légèrement mieux qu’au même moment en octobre et septembre), plusieurs analystes anticipent que l’objectif sera dépassé de manière plus ou moins large : JPMorgan s’attend à 610 appareils livrés, Deutsche Bank à 620 et UBS 626.

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