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Le capital-investissement n’a jamais été autant plébiscité
L’invasion de l’Ukraine par la Russie laisse le private equity dans l’expectative, mais elle ne devrait pas remettre en cause à long terme la croissance de cette classe d’actifs et l’activité des fonds d’investissement. Les souscripteurs appréciant les performances que cette classe d’actifs procure et ses avantages par rapport aux Bourses.
Le métier sort d’une année 2021 faste au cours de laquelle il a enchaîné les records, comme le confirme le rapport annuel sur le private equity du cabinet de conseil Bain & Company. Le montant des investissements sous forme de "buyout" (acquisition majoritaire avec record en général à un effet de levier) a en effet doublé par rapport à 2020 pour atteindre 1.100 milliards de dollars à travers le monde ; il a largement excédé le record précédent de 2006 (à 804 milliards), liée à la bulle financière qui précéda la crise des subprime. Conséquence logique, les sorties ont également flambés : leur montant total a plus que doublé pour atteindre 957 milliards de dollars.
La part des fonds de buyout dans l’ensemble des fusions-acquisitions a atteint un montant inédit, les fonds "déployant rapidement de vastes volumes de capitaux au cours des trois dernières années" : elle a atteint 19% l’année dernière. Cette progression est le fait de la hausse de la taille moyenne des transactions, plus que par un accroissement de leur nombre : pour la première fois également, elle a atteint 1,1 milliard de dollars en réalisant un bond de 57% par rapport à l’année précédente.
Dans ce contexte, les multiples d’acquisition (valeur d’entreprise/Ebitda) sont évidemment restés élevés. Le multiple moyen a progressé aux Etats-Unis pour atteindre 12,3 fois selon les calculs de Bain au 31 septembre (contre environ 11,5 en 2020), tandis qu’il n’a que légèrement reculé en Europe, à 11,9 (selon les chiffres à fin octobre). La course des fonds pour dégoter les actifs de qualité n’est pas gratuite.
Malgré cela, le montant de capital disponible (dry powder) a continué à gonfler et n’a jamais été aussi important : il a atteint un nouveau sommet à 3.400 milliards de dollars l’année dernière, dont 1.000 milliards pour les fonds de buyout, contre environ 3.000 milliards en 2020.
Une réalité qui met les gérants sous pression, parce qu’ils ont des comptes à rendre envers leurs clients souscripteurs. Ce qui a des conséquences sur la structure du marché. "La pression pour mettre au travail a provoqué l’augmentation des opérations de public-to-private [acquisition d’une société cotée suivie d’un retrait de cote]", explique par exemple l’étude. Les fonds ont consacré 469 millions de dollars à ces opérations, un montant en hausse de 57% sur un an. Là encore, le précédent pic remontait aux dernières années précédent la crise financière mondiale… "La grande différence avec la situation actuelle réside dans la taille des opérations. Aujourd’hui, les retraits de cote sont plus réduits, généralement assurés par un ou deux repreneurs spécialisés dans le secteur concerné", écrit Bain.
Etant donné l’inflation sur le prix des actifs, les fonds subiront également une pression accrue de la part des souscripteurs quant à leurs performances, étant donné que cette classe d’actifs devient un pôle essentiel dans l’allocation des investisseurs (assureurs, fonds de pensions, fonds souverains, etc.). Ils vont devoir se différencier, alors qu’avec une telle pression à investir face à de nombreux concurrents tout aussi avides, ne pas se tromper de cible devient une gageure. "Ce sont les fonds les plus expérimentés dans le secteur concerné qui ont le plus de chances de réussir. Pour dégager des rendements en ces temps très risqués, il est indispensable que les investisseurs comprennent parfaitement la microéconomie du secteur, les leviers de création de valeur à actionner et les risques qu’ils devront assumer ", explique Hugh MacArthur, directeur monde du pôle capital-investissement de Bain. En particulier dans les secteurs porteurs actuels que sont la santé, l’énergie, le numérique et les logiciels - sous-secteur qui a représenté 90% des 284 milliards de dollars investis par les fonds dans les sociétés de technologie en 2021.
Plus que jamais à l’affût de cibles, les sociétés de gestion historiquement spécialisées dans le buyout ont voulu profiter de l’émergence, ces dernières années, des licornes et des sociétés de technologie à croissance très rapide, bien trop dynamiques pour être accompagnées par des fonds traditionnels de capital-risque tout au long de leur développement. C’est pourquoi ces gestionnaires ont créé des équipes dédiées à ce segment, avec des gérants spécialistes des secteurs en question.
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