Private Equity / Private equity / Bain & Company / investisseurs / rendement / Tendance / Capital-investissement
Private Equity
Private equity / Bain & Company / investisseurs / rendement / Tendance / Capital-investissement
Les particuliers, prochaine cible des fonds de capital-investissement / Une tendance qui s'annonce gagnante-gagnante
Les investisseurs particuliers détiennent environ la moitié des actifs mondiaux sous gestion. Pourtant, ils restent sous-représentés du côté du capital-investissement, en ne possédant que 16 % des actifs sous-gestion détenus par les fonds d’investissement alternatifs, pointe le rapport mondial sur le Private Equity du cabinet Bain & Company.
Ce qui sera peut-être amené à changer en 2023, puisque l’investissement particulier en sera l’une des grandes tendances, prédisent les auteurs de l’étude. Car les investisseurs individuels représentent "un vaste marché inexploité pour les gestionnaires de fonds qui cherchent à maintenir une croissance à deux chiffres alors que le secteur arrive à maturité".
Il n’est, en effet, pas certain que les sources de financement traditionnelles du secteur ne puissent soutenir cette croissance visée. Bain & Company estime que la part des capitaux institutionnels, allouée aux investissements alternatifs, s’appréciera de 8 % par an sur la prochaine décennie. Tandis que la part des investissements individuels devrait quant à elle s’accroître de 12 % par année sur la même période. De ce fait, l’ouverture à davantage de capitaux de détail est devenue une priorité pour certains des plus grands fonds du secteur, indique l’étude. Blackstone estime que le capital de détail pourrait représenter une part de 500 milliards de dollars dans ses fonds levés (contre 200 milliards de dollars actuellement), KKR anticipe qu’entre 30 et 50 % des nouveaux capitaux levés dans les prochaines années proviendront du canal de fonds privés et Apollo s’est fixé pour objectif de lever, entre 2022 et 2026, environ 50 milliards de dollars en capital de détail.
Un secteur fondamentalement attractif
Pour les particuliers fortunés (et leurs conseillers), le capital-investissement représente aussi une opportunité. Les rendements y sont attrayants et même supérieurs à ceux des marchés actions. Au cours des vingt-cinq dernières années, les rendements en capital-investissement s’affichaient à 14 %, contre 7 % pour l’indice MSCI World. Et sur l’année 2022, "les conditions de marché ont été plus dures du côté des marchés publics que du côté du Private Equity", souligne Guillaume Tobler, associé chez Bain & Company. Ce qui n’est pas forcément une surprise si l’on regarde la manière dont sont construits les portefeuilles, poursuit l’expert.
La santé du capital-investissement a été portée par les performances du secteur des technologies de l’information, à forte couleur Software (logiciels) sur le marché du Private Equity. "Le software est toujours en phase de déploiement", indique Guillaume Tobler. Le Hardware (matériel), présent en grande partie sur les marchés actions, moins. Et même si les levées de fonds deviennent plus complexes, le secteur du capital-investissement est fondamentalement attractif et devrait le rester, indique l’associé de Bain & Company.
Il reste du chemin
Attirer l’épargne des investisseurs individuels vers le Private Equity apparaît donc comme une solution opportune pour des fonds à la recherche de nouveaux financements, tout comme pour des investisseurs soucieux de diversifier leurs portefeuilles et d’obtenir de meilleurs rendements. Mais ce qui ressort des expérimentations qui ont été menées à ce sujet, souligne le rapport, "c’est qu’il n’y a rien de facile à faire". Notamment pour les fonds de gérer de grands groupes d’investisseurs aux attentes, en termes de liquidités, différentes de celles des investisseurs institutionnels auxquels ils sont habitués.
"Il faudra du temps au secteur pour relever les nouveaux défis du marché, tout en développant les muscles nécessaires pour être compétitif dans une arène peu familière. Jusqu’à présent, l’expérience montre que le secteur n’a pas encore vraiment compris le code de la vente au détail", ajoute le rapport. A la question de savoir si le capital individuel doit absolument jouer un rôle dans les nouvelles ambitions de croissance et de collecte des fonds, l’étude avance qu’il n’y a pas de bonne réponse.
Entrer dans le mouvement se fera au regard des stratégies de financement et des objectifs spécifiques de chaque entreprise. "Mais, sentant une évolution de la concurrence, de plus en plus d’entreprises entreprennent cette analyse", souligne le rapport. Et pour séduire ce nouveau type de clients et partir à la recherche d’argent frais, les initiatives de la part des fonds ne manquent pas. Notamment en termes de capacité pour les soutenir, au travers de création ou d’intégration d’équipes spécialisées en la matière.
Quant aux stratégies, Blackstone et KKR ont développé des gammes de produits de détail sur mesure et Apollo en affiche une de "remplacement des actions de base du S & P", qui aurait, souligne le rapport, le potentiel d’être l’un des plus grands fonds de la plateforme en 2023. La société d’investissement Blue Owl a, elle, rencontré le succès au travers de son dernier fonds de près de 13 milliards de dollars, en indiquant que 40 % de son capital provenait d’investisseurs individuels.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

