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L’Assemblée nationale veut encore réveiller l’épargne française / Une manne bienvenue pour les start-ups

Les entreprises technologiques s’apprêtent à affronter une année 2023 où les financements risquent de se raréfier. Les pouvoirs publics s’emparent de la question, alors que les milliers de milliards d’euros d’épargne financière accumulés en 2022 par les Français pourraient venir soutenir un secteur acteur de l’innovation, de la réindustrialisation et de la création d’emplois.
Paul Midy, député Renaissance (©Romain GAILLARD/REA)
Paul Midy, député Renaissance (©Romain GAILLARD/REA)

Un trésor de près de 5 700 milliards d’euros se repose sur les comptes d’assurance-vie et sur les livrets d’épargne réglementés français, indiquent les données arrêtées à la fin du troisième trimestre 2022 par la Banque de France. En parallèle, l’écosystème start-up de l’Hexagone commence à suffoquer : après une année 2022 où les financements ont atteint de nouveaux records, l’année 2023 ne sera certainement pas le meilleur des millésimes pour les jeunes pousses françaises.

En cause, des financements qui se raréfient, des valorisations qui diminuent et la fin de l’ère de l’hyper-croissance à tout prix qui pousse les investisseurs à étudier les dossiers avec plus de sévérité. Ce qui pourrait sembler logique d’un point de vue strictement financier - donc de revenir à des critères de rentabilité plus fondamentaux pour investir - ne serait pas forcément de bon augure pour l’innovation, l’emploi ou encore la réindustrialisation en France. Car l’écosystème start-up peut se targuer de répondre à plusieurs de ces enjeux capitaux pour l’économie française.

Alors le milieu du capital-investissement se lance à la recherche des particuliers. Ce qui était annoncé comme l’une des grandes tendances pour l’année à venir commence à se vérifier depuis le début de l’année. De la part donc des acteurs du capital-investissement (à l’instar de Bpifrance, qui vient de lancer un fonds d’épargne en private equity pour les particuliers), ou encore des pouvoirs publics, qui souhaitent parvenir à mieux flécher l’épargne française pour soutenir les start-ups tricolores.

 

Gagner un milliard d’euros par an

 

Dernière nouvelle en date, le député Renaissance Paul Midy, qui, chargé d’une mission parlementaire pour le compte du gouvernement, a formulé la semaine dernière ses premières propositions pour supporter l’écosystème des jeunes pousses françaises. Au travers donc, entre autres, d’une meilleure orientation de l’épargne française. L’objectif serait ainsi de diriger les fonds abrités par les assurances-vie ou par les plans d’épargne retraite vers le capital-investissement. Ce qui pourrait entraîner un gain d’un milliard d’euros par an.

Une réorientation de l’épargne qui semble opportune, tant il n’est pas tâche facile d’inciter les particuliers à investir dans ces jeunes pousses innovantes. En effet, "60 % de l’épargne financière en France est détenue par les plus de 60 ans. Et il est bien connu que l’aversion au risque progresse avec l’âge", rappelait déjà au début du mois Jean-Hervé Lorenzi, fondateur du Cercle des économistes, à l’occasion d’une table ronde organisée par Bpifrance sur le thème de l’alliance entre l’Etat et les entreprises. De fait, si le capital-investissement représente une aubaine en termes de rendement (14 % par an en moyenne sur les vingt-cinq dernières années contre 7 % pour l’indice MSCI World, selon le rapport mondial sur le private equity du cabinet Bain & Company), il n’est pas non plus aisé pour les fonds d’attirer des investisseurs individuels aux attentes de liquidités et de risque bien différentes de celles des investisseurs institutionnels auxquels ceux-ci sont habitués.

Flécher l’épargne existante (essentiellement utilisée pour financer des obligations d’Etat ou des secteurs moins créateurs d’emploi que celui des entreprises technologiques) en renforçant le référencement des fonds de capital-investissement dans les contrats d’assurance-vie en unité de compte, d’épargne retraite ou d’épargne salariale pourrait donc apparaître comme un premier pas nécessaire à la démocratisation du private equity. D’autant plus que selon le député Paul Midy, cette réorientation de l’épargne devrait permettre la création de 50 000 emplois d’ici à 2027.

Une première version finale des recommandations du député sera rendue publique début juillet. Paul Midy pourra donc tenter de faire passer ce volet "épargne" au sein du projet de loi Industrie Verte qui sera examiné cet été par le Parlement. De quoi ajouter un énième dispositif concernant le fléchage des économies des Français : le projet de loi vise d’ores et déjà à transformer le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) en un "livret vert" ou encore à créer un livret d’épargne pour les mineurs, le livret Climat, afin de proposer un produit permettant aux épargnants de financer la transition énergétique.

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