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Macro-économie / Taux / Banque de France / profits / Politique monétaire

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Banque de France / profits / Politique monétaire

Les profits de la Banque de France fondent pour la bonne cause

Eu égard à l’accroissement du risque qu’elle porte à son bilan lié au degré de soutien monétaire exceptionnel qu’elle a fourni pendant la crise pandémique, la Banque centrale française a dû renforcer son fonds pour risques généraux, ce qui a divisé par trois son résultat net. Toujours est-il que fort d’un résultat ordinaire avant impôt en hausse de près de 10 %, l’institut d’émission a pu reverser une somme conséquente à l’État.
François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France - Daniel Pier / NurPhoto / NurPhoto via AFP
François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France - Daniel Pier / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Le choc pandémique l’a conduite à générer moins de profits mais l’économie française ne lui en fera certainement pas grief. En 2021, la Banque de France a généré un résultat net de 763 millions d’euros, soit une baisse de deux tiers par rapport à 2020, nous indiquent ses résultats annuels. Le coupable est le fonds pour les risques généraux, qu’elle a doté de 2,798 milliards d’euros, contre 1,149 milliard d’euros l’an passé - il pèse désormais 11,95 milliards d’euros. Ce fonds a pour objectif de couvrir certains des risques éventuels auxquels la Banque de France est exposée.

Cette décision trouve son origine dans l’accroissement des risques portés à son bilan lié à la nature de la politique monétaire accommodante (non conventionnelle) menée par la Banque centrale européenne pendant la crise pandémique pour soutenir l’activité économique. Rappelons que le bilan de la Banque de France a quasiment doublé depuis le début de la pandémie (il atteignait 2 036,9 milliards d’euros fin 2021).

Deux types de mesures exceptionnelles visant à assouplir les conditions de financement des ménages, des entreprises et des banques expliquent plus de 90 % de l’explosion de ces deux dernières années. D’une part, la Banque de France a procédé à des rachats d’actifs massifs sur les marchés financiers (434,9 milliards d’euros) sous forme d’obligations d’État, d’entreprise, sécurisées, adossées à des actifs. D’autre part, l’institution de la rue Croix-des-Petits-Champs a lancé des opérations de refinancement à plus long terme (ciblées et non ciblées) à destination des banques (LTRO, TLTRO, PELTRO) pour un total de 390,5 milliards d’euros. 

À noter qu’à un effet "taille" du bilan s’ajoute un effet "composition". De fait, pour justifier la hausse de la dotation aux risques généraux, il faut également prendre en compte le fait que les actifs pris en pension (collatéral) par la Banque de France lors de ces gigantesques opérations de refinancement ont bénéficié de règles assouplies adoptées par l’Eurosystème pour faciliter l'octroi de liquidités pendant la crise (décotes abaissées, plus large gamme de collatéral acceptée) - ce qui est synonyme d’une plus grosse prise de risque pour les Banques centrales.

Reste que, si ses profits sont en baisse, la Banque de France est parvenue à réaliser un résultat ordinaire avant impôt en hausse de 485 millions d’euros (9,8 %), notamment grâce à une hausse de 742 millions d’euros de son produit net d’intérêt. "Cette évolution positive s’explique par la hausse des produits d’indexation sur la part des titres des programmes d’achats indexés sur l’inflation, et par les intérêts négatifs prélevés sur les dépôts des établissements de crédit qui s’inscrivent également en hausse [elle prélève 0,5 % d’une partie du total des dépôts des banques commerciales auprès d’elle, ndlr]", explique la Banque de France.

Tant et si bien que la Banque centrale française a reversé 3,582 milliards d’euros à l’État : 569 millions d'euros sous forme de dividende, 1,895 milliard d'euros au titre de l'impôt sur le bénéfice et 1,118 milliard d'euros qui représentent le financement net du régime de retraite des agents titulaires de la Banque de la France.

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