Macro-économie / Taux / BCE / profits / compte de résultat / obligations
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BCE / profits / compte de résultat / obligations
Quand la BCE paie dans sa chair la lutte contre l’inflation / Le krach obligataire plombe ses comptes
C’est une première depuis 2007. La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé avoir réalisé un bénéfice nul au titre de l’année 2022, après un profit de 192 millions d’euros en 2021.
Une performance qui prend en compte une reprise de 1,627 milliard d’euros de la provision pour risques financiers en vue de couvrir les pertes subies au cours de l’exercice. La provision pour risques financiers, issue d’années fastes, atteint donc désormais 6,566 milliards d’euros.
Débâcle obligataire
Ce sont les moins-values latentes sur actifs financiers et positions de change qui plombent le compte de résultat de l’institution de Francfort. Plus particulièrement, les moins-values latentes sur les titres détenus dans le portefeuille de fonds propres et le portefeuille en dollars.
Elles se sont élevées à 1,84 milliard d’euros, contre 133 millions d’euros en 2021. En cause ? La dégringolade de la valeur des titres à revenu fixe qu’elle détient liée à la normalisation des politiques monétaires des Banques centrales de par le monde en réponse à l’envolée des prix à la consommation. Les manœuvres des grands argentiers ayant conduit à une explosion des rendements obligataires.
Dans le détail, les moins-values latentes sur les prix des titres en devises s’affichent à 775 millions d’euros et à 1,065 milliard d’euros pour ceux libellés dans la monnaie unique.
Coût amorti
Il convient de noter que son portefeuille - conséquent - de titres détenus au titre de la politique monétaire (457,3 milliards d’euros, soit les deux tiers de la taille de son bilan), qui s’est constitué au fil de la décennie passée sous l’effet des programmes d’achats d’actifs créés pour empêcher une déflation, n’a aucune responsabilité dans le bénéfice nul qu’elle affiche.
En effet, il est valorisé selon le principe de coût amorti : les titres sont censés être détenus jusqu’à ce qu’ils arrivent à maturité contrairement aux titres qui composent notamment son portefeuille de fonds propres qui sont eux valorisés aux prix du marché puisqu’ils peuvent être échangés à loisir.
S’ils ne sont pas affectés par le risque de taux d’intérêt, les titres détenus dans le cadre de la politique monétaire demeurent tout de même soumis au risque de crédit. Aussi, la BCE a effectué des tests de dépréciation et il en est ressorti qu'"aucune perte pour dépréciation n’a été enregistrée pour ces portefeuilles", a précisé l’institut d’émission.
Rappelons que la Banque centrale européenne ne représente qu’une petite partie de l’Eurosystème (19 Banques centrales nationales et la BCE), le bilan de ce dernier est onze fois plus gros.
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