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Sodexo / restauration collective / Russie / Ukraine

Le rebond de Sodexo a du plomb dans l’aile

Le groupe de restauration collective a redressé ses comptes au premier semestre clos fin février, mais il a averti qu’il souffrirait du contexte pandémique et de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
Sodexo
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Pas de chance. Alors que le premier trimestre de son exercice décalé laissait entrevoir un retour à une situation proche de son niveau pré-crise, Sodexo voit ses efforts arrêtés par la guerre en Ukraine et la persistance des perturbations dues au coronavirus.

A l’occasion de la publication de ses comptes du premier semestre (clos fin février), le géant de la restauration collective et de la gestion d’installations a réduit ses prévisions de croissance organique du chiffre d’affaires pour l’ensemble de l’exercice annuel 2021-22 (clos le 31 août) : il s’attend désormais à une croissance dans le bas de la fourchette de 15 à 18% qu’il avait communiqué précédemment.

Lors de la conférence de présentation des comptes, Sophie Bellon, la fille du fondateur et récemment nommée directrice générale (après la décision de Sodexo de prendre son temps pour trouver un remplaçant à Denis Machuel, débarqué fin septembre 2021), évoque un environnement "plein d’incertitudes" : elle cite la résurgence de foyers épidémiques locaux (qui a pesé sur son activité au deuxième trimestre fiscal), la fermeture anticipée de centres de dépistage du Covid-19 au Royaume-Uni (alors que le groupe exploite de nombreux centres outre-Manche) et la guerre en Ukraine.

L’invasion russe a notamment conduit Sodexo à mettre fin à ses investissements en Russie ; le groupe ne démarrera pas en 2022 les contrats qu’il avait pu remporter l’année dernière. Il évalue la perte de revenus à 40 millions d’euros, sans parler de la remise en cause du potentiel de développement de son activité dans ce pays, qui était, selon Marc Rolland, directeur financier de Sodexo, "en pleine croissance". Plus directement, le conflit a fait grimper les prix de certaines denrées alimentaires et alimente une inflation record en Europe, pénalisant les consommateurs et pesant sur les marges des entreprises. "Nous sommes très vigilants parce que la situation autour de la guerre Ukraine entraîne une volatilité de certaines denrées", a ajouté Marc Rolland.

Si le groupe affiche sa confiance dans sa capacité à contrebalancer les effets d’inflation sur ses marges en les répercutant sur ses prix, cela prendra un certain temps : "La relation avec les fournisseurs se construit sur une longue période de temps. Il ne s'agit pas simplement d'acheter le moins cher de ce qui est disponible sur le marché", a rappelé le directeur financier. Le groupe pourra aussi actionner le levier des mesures d’efficacité, comme au premier semestre où elles ont contribué à l’amélioration de 210 points de base de la marge d’exploitation, qui a atteint 5,2%.

Les déclarations prospectives de Sodexo ont fait plonger l’action Sodexo, qui perdait près de 8% en milieu d’après-midi à la Bourse de Paris. Sodexo s’est pourtant fortement redressé au premier semestre de son exercice décalé : la reprise de son activité contraste fortement au quasi-arrêt subi un an plus tôt. Il a décuplé son résultat net, qui atteint 337 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires en hausse de plus de 19% à 10,2 milliards d’euros, soit "95% de son niveau pré-Covid 19", indique le groupe dans son communiqué de presse. Son résultat opérationnel hors éléments exceptionnels est légèrement supérieur aux prévisions des analystes (538 contre 530 millions d’euros).

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