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Banque Mondiale / Matières premières
Le sombre pronostic de la Banque mondiale sur les matières premières
Il faudra encore attendre pour qu’elles daignent relâcher leur pression sur l’économie mondiale. Les prix des matières premières vont continuer d’évoluer à un niveau élevé jusqu’à la fin 2024, indique la Banque mondiale dans un rapport (Commodity Markets Outlook). Pour rappel, la hausse des prix de l’énergie au cours des deux dernières années a été la plus importante depuis la crise pétrolière de 1973. Sans compter que l’augmentation du prix des matières premières alimentaires (dont la Russie et l’Ukraine sont de grands producteurs) et des engrais, dont la production dépend du gaz naturel, n’a jamais été aussi forte depuis 2008. L’organisation internationale voit trois raisons pour lesquelles les prix des matières premières devraient se maintenir à des niveaux élevés pendant encore plus de vingt-quatre mois.
D’une part, la hausse des prix d'une matière première entraîne généralement une substitution de la demande vers d'autres, ce qui atténue les pressions initiales sur les prix. Oui mais voilà, les possibilités de substitution sont moindres aujourd'hui, car les hausses de prix de l'année dernière ont été significatives et généralisées. "Par exemple, dans le cas de l'énergie, le pétrole brut est maintenant l'un des combustibles les moins chers par unité d'énergie, ce qui constitue une différence notable par rapport aux précédentes hausses des prix de l'énergie, lorsque le charbon et le gaz naturel étaient beaucoup moins chers", illustre la Banque mondiale.
D’autre part, la hausse du prix de certaines matières premières s’est répercutée sur d’autres en faisant grimper leurs coûts de production. Ainsi, la hausse des prix de l'énergie augmente le coût des intrants de la production agricole, tels que le carburant et les engrais. De même, l'augmentation des prix de l'énergie fait grimper le coût de l'extraction et du raffinage des minerais métalliques, en particulier pour l'aluminium, le minerai de fer et l'acier. Si bien qu’à la suite de cela, les prix plus élevés des métaux augmentent le coût des technologies d'énergie renouvelable.
Enfin, la Banque mondiale met également en cause la nature des politiques budgétaires menées par de nombreux États en réponse à l'envolée de l'inflation. "Si ces politiques peuvent quelque peu atténuer l'impact immédiat des hausses de prix, elles n'apportent pas de grands avantages aux catégories vulnérables de la population et peuvent en fait exacerber le problème sous-jacent en augmentant la demande d'énergie", analyse-t-elle.
Les prix de l’énergie vont probablement grimper de plus de 50 % en 2022 avant de baisser en 2023 et 2024, prévoit l’institution de Washington. Concernant les biens non énergétiques, notamment les produits agricoles et les métaux, ils devraient augmenter de près de 20 % en 2022, puis diminuer également au cours des années suivantes. "Cependant, les prix des produits de base devraient rester bien supérieurs à la moyenne des cinq dernières années et, en cas de guerre prolongée ou de nouvelles sanctions contre la Russie, ils pourraient devenir encore plus élevés et plus volatils que ce qui est actuellement prévu", prévient la Banque mondiale.
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